Les Journées Européennes des Métiers d’Art (JEMA) 2026, qui se tiendront du 7 au 12 avril, marquent une étape importante dans la valorisation des savoir-faire artisanaux à l’échelle européenne. Pour cette 20e édition, l’événement s’étend à 25 pays, permettant une véritable immersion dans l’univers des métiers d’art à travers des ateliers ouverts, des centres de formation, des manufactures et des établissements d’enseignement. Organisée depuis 2002, cette initiative coordonnée par l’Institut pour les Savoir-Faire Français mobilise un écosystème riche, avec la collaboration de partenaires comme l’European Crafts Alliance ou encore le programme Erasmus+. La dimension européenne de cet événement souligne l’importance de la circulation des compétences, la complémentarité des formations et le rôle essentiel des réseaux transnationaux dans la structuration des filières artisanales.
En 2026, la Belgique est à l’honneur, avec une grande diversité de savoir-faire allant de la dentelle aux arts du verre, en passant par le travail du métal ou la restauration de mobilier. La participation notable de l’Espagne et de l’Allemagne, en tête du nombre de participants, souligne l’intensité de la collaboration européenne. Ces échanges mettent en lumière la circulation des compétences, renforcent les liens entre formations et expertises, et montrent comment les réseaux européens contribuent à l’émergence d’une identité commune dans le domaine des métiers d’art. Pour les organismes de formation, cette dimension invite à penser les compétences à l’échelle du continent, favorisant une approche plus transversale et intégrée.
Les JEMA 2026 illustrent que la montée en compétences s’effectue désormais dans un écosystème ouvert, hybride et collaboratif.
Les JEMA ne se limitent pas à une vitrine pour les savoir-faire, elles représentent également un levier stratégique pour l’attractivité des filières professionnelles. En permettant aux jeunes, aux personnes en reconversion ou aux prescripteurs de formation de découvrir des métiers souvent méconnus, elles participent à revaloriser ces secteurs porteuses de sens et d’opportunités. Ces métiers d’art illustrent également que l’acquisition des compétences repose aussi bien sur le savoir-faire que sur le savoir-être : précision, patience, créativité, exigence et sens du détail. Pour les organismes de formation, c’est l’occasion de développer des parcours immersifs, de renforcer les partenariats avec les entreprises et les territoires, et de promouvoir les compétences rares et d’excellence, contribuant ainsi à une meilleure adéquation entre formation, orientation et emploi.
Historiquement axée sur la préservation du patrimoine, la transmission des savoir-faire devient aujourd’hui un enjeu stratégique pour les métiers de demain. Les JEMA mettent en avant des professionnels qui ouvrent leurs ateliers, des établissements de formation qui participent activement, ainsi que des dispositifs comme « Maîtres d’art – Élèves », qui structurent la transmission des gestes rares. Cette évolution souligne que la pédagogie doit privilégier l’observation, l’immersion et la rencontre directe avec le geste professionnel, afin de favoriser la transmission orale et manuelle des compétences rares. La montée en compétences ne se limite plus à un apprentissage formel, mais s’inscrit dans une logique d’échange et de partage, essentielle pour perpétuer les savoir-faire d’exception.
Les enseignements issus de JEMA 2026 sont nombreux : il est crucial de valoriser les compétences « gestuelles » souvent difficiles à formaliser mais essentielles dans de nombreux métiers en tension, d’adopter des pédagogies expérientielles à travers ateliers, démonstrations et immersions, et de développer une dynamique collective en travaillant en écosystème avec les entreprises, les institutions et les réseaux européens. Enfin, renforcer l’attractivité des métiers d’art passe par la visibilité, la rencontre et l’expérimentation. Dans un contexte où de nombreux secteurs peinent à attirer et fidéliser les talents, ces métiers offrent une réponse concrète, incarnant des parcours de formation riches de sens, connectés à la réalité terrain. Les JEMA illustrent ainsi que la montée en compétences se joue dans des espaces ouverts, collaboratifs et hybrides, à la croisée de la formation et de l’expérience pratique.
