Selon Aaron Levie, fondateur de Box, une tendance inquiétante émerge dans le monde de la technologie : ceux qui décident que l’Intelligence Artificielle (IA) peut remplacer nos emplois sont souvent les moins aptes à comprendre la complexité réelle de nos tâches. Il qualifie cette mentalité d’« IA psychosis », une forme de délire collectif alimentée par une surestimation des capacités de l’IA et une méconnaissance de ses limites concrètes dans le monde professionnel.
Cette tendance se traduit concrètement par des licenciements massifs dans le secteur technologique. Récemment, ClickUp a annoncé la suppression de 22 % de ses effectifs pour intégrer des agents d’IA, tandis que les licenciements dans le secteur en 2026 atteignent déjà presque ceux de l’année précédente. Par ailleurs, les utilisateurs de DuckDuckGo manifestent une méfiance croissante face à l’intégration forcée de l’IA dans le moteur de recherche de Google, privilégiant leur recherche de liens plutôt que des réponses générées par des algorithmes.
Lors du podcast Equity de TechCrunch, Kirsten Korosec, Anthony Ha et Sean O’Kane ont analysé cette dualité : d’un côté, l’enthousiasme démesuré pour l’IA qui mène à des suppressions d’emploi, et de l’autre, la méfiance des utilisateurs qui demandent un retour à une recherche plus simple et transparente. Parmi les sujets abordés, la présentation du robot-taxi Ojai de Waymo à Phoenix a permis à Kirsten d’évoquer la voie vers la rentabilité de cette entreprise, tandis que d’autres actualités, telles que le contrat de 6 milliards de dollars de Snowflake avec AWS ou la levée de fonds de 250 millions de dollars pour Stord, montrent l’intérêt croissant pour l’environnement des données et la logistique.
La wave d’agents intelligents transforme non seulement les effectifs, mais aussi la manière dont nous concevons le travail et la recherche d’informations.
Ce phénomène soulève une réflexion profonde : l’adoption de l’IA ne se limite pas à une simple automatisation, mais modifie radicalement la donne en matière d’emploi et de consommation. La récente levée de 113 millions de dollars par OpenRouter, une startup spécialisée dans la couche d’abstraction pour l’IA, témoigne de l’intérêt soutenu pour les “picks-and-shovels”, c’est-à-dire les outils qui soutiennent l’expansion de la technologie elle-même. La question centrale demeure : combien de temps cet engouement durablement alimenté par l’innovation résistera-t-il à la réalité du terrain ?
