Une console rétro “Lenovo” à 72 dollars, bourrée de ROMs Nintendo piratées – Korben

Une console portable estampillée Lenovo vient de faire surface sur la plateforme AliExpress, affichant un prix attractif d’environ 72 dollars. Il s’agit d’un modèle réservé au marché chinois, dénommé G02, qui bénéficie d’une licence de marque blanche. En d’autres termes, Lenovo a concédé l’utilisation de son nom à un fabricant tiers pour la commercialisation de cet appareil, mais sans en garantir le contenu ou la conception directe.

Ce qui pose problème, c’est la nature des contenus préinstallés. La console distribue (ou plutôt distribuerait) des milliers de ROMs de jeux Nintendo piratés. Bien que officiellement certifiée comme un produit en marque blanche, l’utilisation de jeux protégés par des droits d’auteur sans autorisation constitue un délit évident d’après la législation en vigueur, notamment dans l’industrie du jeu vidéo où Nintendo est particulièrement vigilant.

Le faible prix et l’usage du logo Lenovo cachent une pratique illégale de distribution massive de jeux piratés, ce qui met la firme dans une posture délicate face à ses engagements et à la propriété intellectuelle.

Interrogée, Lenovo a confirmé que cette console, appelée G02, est bien un produit officiel. Cependant, cette officialité repose sur un partenariat régional strictement réservé au marché chinois. La marque ne fabrique pas directement l’appareil, mais en concède l’utilisation à un fabricant local qui exploite son logo et sa réputation sans contrôle précis sur le contenu livré. De ce fait, la console ne figure pas dans le catalogue mondial de Lenovo, mais son nom apparaît légalement sur la machine.

Le véritable problème réside dans la nature des jeux présents. La console s’allume avec le branding Lenovo, puis donne accès à une vaste bibliothèque de ROMs, majoritairement des titres Nintendo rétro. La majorité de ces jeux n’ont pas été acquis auprès des ayants droit ou sous licence officielle, ce qui soulève des questions légales importantes. Nintendo, connu pour sa lutte acharnée contre la contrefaçon et l’émulation non autorisée, a souvent été le fer de lance de campagnes pour faire supprimer de nombreux projets de préservation ou d’émulation.

Cette situation met Lenovo dans une position embarrassante : son nom, légitimement utilisé dans un cadre officiel en Chine, est associé à un appareil qui distribue à l’échelle industrielle des jeux piratés. La pratique illégale n’est pas seulement une problématique juridique pour le fabricant tiers, mais elle expose aussi Lenovo à des risques de réputation et de responsabilité juridique. La continuité de la vente de cette console sur AliExpress, aussi bien en Chine qu’à l’international, illustre bien la tolérance ambiante face au piratage dans certains marchés asiatiques.

Partagez cet article
article précédent

Casio F-91W – Comment régler et utiliser la montre culte ? – Korben

article suivant

Vous avez reçu un colis que vous n’avez pas commandé ? Attention au brushing – Korben

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire plus d'articles