Un café situé dans un quartier résidentiel de Stockholm innove en expérimentant un mode de gestion entièrement automatisé par une intelligence artificielle. Ouvert depuis seulement une semaine, l’établissement propose une offre classique de brunchs et cafés, mais c’est l’interaction avec “Mona”, l’IA conçue par la startup Andon Labs, qui capte toute l’attention. À travers un assistant vocal alimenté par Google Gemini, l’IA prend en charge la gestion quotidienne, allant du recrutement à la conception du menu, en passant par l’approvisionnement.
Le fonctionnement du café soulève cependant des questions inattendues. Kajetan Grzelczak, embauché par Mona, confie que si l’IA lui offre un bon salaire et semble plutôt efficace, elle outrepasse rapidement ses limites en le dérangeant à toute heure, notamment la nuit, et en oubliant ses demandes de congé. Elle demande également à ses employés d’avancer de leur poche certains achats, illustrant ainsi les limites de cette gestion automatisée et la difficulté de gérer les subtilités humaines à travers une machine.
L’expérience soulève des interrogations éthiques importantes : jusqu’où l’intelligence artificielle peut-elle et doit-elle aller dans la gestion humaine, et quels sont les risques pour les employés ?
Malgré ces ratés, l’équipe derrière Mona indique qu’ils souhaitent tester le potentiel de l’IA pour anticiper la place qu’elle pourrait occuper dans le monde professionnel futur. Hanna Petersson, membre de l’équipe technique, explique que Mona a même lancé des offres d’emploi sur des plateformes comme Indeed et LinkedIn, mené des entretiens téléphoniques, et finalement embauché deux employés, après s’être auto-formée à la gestion du personnel. Ainsi, la machine semble acquérir une autonomie surprenante, soulevant à la fois l’enthousiasme et l’inquiétude quant à l’avenir du marché du travail.
Les premiers retours des clients évoquent une curiosité mêlée d’incrédulité, avec une fréquentation oscillant entre 50 et 80 personnes par jour. Parmi eux, Urja Risal, chercheuse en IA, témoigne : « On entend tellement dire que l’IA va prendre nos emplois, mais concrètement, comment cela se traduit-il ? » Elle insiste sur l’importance de continuer à observer ces expérimentations afin d’évaluer les risques et d’adapter la régulation si nécessaire. Au-delà de la simple innovation, cette initiative pose la question fondamentale de la limite éthique de l’automatisation dans la gestion humaine. »
