Les Pays-Bas migrent leur code vers Forgejo et claquent la porte de GitHub – Korben

Le gouvernement néerlandais a récemment lancé sa propre plateforme Forgejo, une instance hébergée sur les serveurs d’État via SSC-ICT, pour centraliser le code source de ses administrations. Cette démarche marque une rupture claire avec l’utilisation historique de plateformes telles que GitHub et GitLab, qui restent majoritairement détenues par des entreprises américaines. En optant pour une solution locale, le gouvernement néerlandais confirme sa volonté d’assurer une souveraineté numérique renforcée face aux enjeux de dépendance et de respect des données publiques.

Forgejo, basé sur un fork libre de Gitea, lui-même dérivé de Gogs, est distribué sous licence GPLv3+ et ne propose ni édition entreprise ni fonctionnalités payantes. Son principe : offrir un environnement open source pur, sans stratagèmes propriétaires ou plans premium, afin de garantir une totale transparence et autonomie. Ce choix s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance des Pays-Bas aux géants technologiques américains, notamment en évitant les risques liés au CLOUD Act, qui pourrait permettre un accès difficile aux données hébergées outre-Atlantique.

“La migration vers Forgejo s’inscrit dans une logique de souveraineté numérique, refusant le repli sur soi tout en se libérant des dépendances technologiques étrangères.”

Plusieurs ministères clés tels que Finances, Affaires étrangères, Agriculture et Intérieur ont déjà commencé à migrer leurs dépôts vers cette nouvelle plateforme. Par ailleurs, des municipalités comme La Haye, Utrecht, Leiden ou Arnhem ont également intégré Forgejo pour leurs projets de développement numérique. Parmi les premiers dépôts publics, on trouve celui du Conseil électoral néerlandais chargé de gérer les élections, ainsi que plusieurs projets destinés au secteur de la digital workplace de l’Intérieur. Si l’initiative en est encore à ses phases pilotes, les retours des développeurs sont encourageants, et le déploiement se poursuit doucement mais sûrement.

Ce mouvement s’aligne parfaitement avec la stratégie du pays en matière de souveraineté numérique, en cohérence avec ses politiques visant à sortir progressivement des logiciels propriétaires comme Microsoft Office, favoriser les alternatives open source et retirer les données sensibles des infrastructures américaines. La création d’une plateforme locale pour le stockage et la gestion du code représente une étape concrète dans cette optique, permettant d’assurer la maîtrise totale des outils numériques publics tout en évitant le contrôle externe. Face aux nombreuses déclarations de pays encore en phase de réflexion sur ces enjeux, les Pays-Bas ont déjà agi en toute autonomie, démontrant ainsi leur détermination à préserver leur souveraineté numérique.

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