CARTE. La France dans le flop 5, la Finlande nouveau cancre, la Pologne au plein-emploi

Le taux de chômage dans l’Union européenne a atteint 5,9% en février, un niveau proche de son plus bas historique, qui était de 5,8% fin 2024. Cette baisse spectaculaire, d’environ 6 points en moins depuis le début des années 2010, témoigne d’une reprise générale, affectant la plupart des pays membres. Cependant, derrière cette tendance globale se cachent des disparités significatives, notamment pour ceux qui peinent encore à sortir du chômage structurel, comme la France.

En France, le chômage a diminué de 2,5 points depuis 2016, mais demeure toujours à un niveau élevé, avec 7,8% en février. Ce taux, qui tend à augmenter légèrement ces dernières semaines, contraste avec l’objectif initial du gouvernement d’atteindre le plein emploi. La situation s’aggrave avec l’incertitude liée au conflit au Moyen-Orient, dont l’impact pourrait faire remonter le taux de chômage au-delà de 8% d’ici mi-2026, selon l’Insee. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a néanmoins indiqué que, malgré ces tensions, la France reste dans une fourchette « raisonnable » comparée à ses difficultés d’autrefois.

La promesse d’Emmanuel Macron d’atteindre le plein emploi semble compromise par les facteurs internationaux et par la conjoncture mondiale.

À l’échelle européenne, des pays comme la Pologne, la République tchèque et la Bulgarie affichent des taux de chômage proches de 3,2%, ce qui constitue le plein emploi selon les standards européens. La Pologne, en particulier, se distingue par sa forte croissance économique, son industrie performante et sa population active très qualifiée. Pourtant, cette dynamique cache une tendance inquiétante : un déclin démographique massif, avec un taux de natalité très faible, pourrait réduire la population active de plusieurs millions d’ici 2040, posant à terme des défis majeurs en termes de main-d’œuvre.

Malgré un faible chômage, la situation en Pologne soulève des préoccupations profondes concernant son avenir démographique. Avec une population actuellement inférieure à 38 millions d’habitants, elle pourrait voir sa population chuter à 30 millions d’ici 2060. La baisse du nombre d’actifs, parallèlement à une croissance économique soutenue, pourrait devenir un véritable obstacle pour l’économie polonaise, même si pour l’instant, le pays bénéficie d’un dynamisme remarquable et d’un PIB par habitant en forte croissance.

Le défi pour certains pays européens reste la gestion de leur démographie pour soutenir leur marché du travail et leur croissance à long terme.

En revanche, certains États membres connaissent des revers. La Finlande, autrefois emblématique de stabilité, est aujourd’hui en bas du classement avec un taux de chômage de 10,4% en février, principalement en raison de ses difficultés économiques persistantes depuis la crise financière de 2008. La contraction du secteur de la construction, le ralentissement des exportations et l’incertitude géopolitique, notamment en raison de la guerre en Ukraine, ont plombé la croissance finlandaise. La faible attractivité pour les travailleurs étrangers et le vieillissement de la population compliquent également la relance économique du pays, pourtant reconnu pour son modèle social avancé et sa qualité de vie exceptionnelle.

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