Le patronat réclame plus de souplesse, les syndicats exigent plus de rigidité : avant dernier tour de négociations sur les contrats courts ce mercredi (mais un accord semble peu probable)

Les acteurs des relations sociales se retrouvent une nouvelle fois ce mercredi 25 mars dans les locaux de l’Unédic pour une négociation cruciale sur la gestion des contrats courts en France. Cette réunion intervient comme une étape préalable à un ultime rendez-vous fixé au 9 avril, alors que les discussions s’annoncent particulièrement tendues. Chacun campant sur ses positions, il apparaît difficile d’envisager un compromis à l’issue de cette séance, sauf bouleversement significatif dans la posture des parties.

Du côté du patronat, représenté notamment par la CPME, l’objectif est d’obtenir davantage de flexibilité dans l’utilisation des contrats précaires. Éric Chevée, vice-président de la CPME, insiste sur la nécessité d’adapter la cadre au contexte sociétal actuel, notamment par la suppression ou l’assouplissement de la prime de précarité, qu’il considère comme un frein à l’emploi en CDI. Selon lui, les entreprises doivent pouvoir répondre aux aspirations des travailleurs en enchaînant plus facilement des contrats saisonniers ou en CDD, dans un souci d’adaptabilité économique et sociale.

La rupture semble hier pour les syndicats, qui réclament plutôt une augmentation de la protection et une réduction de la précarité.

De leur côté, les syndicats comme la CGT ou FO appellent à une généralisation de la prime de précarité pour tous les contrats à durée déterminée ou précaire, comme le CDI de chantier ou les contrats saisonniers, estimant leur situation injuste et marginale dans le cadre actuel. Denis Gravouil de la CGT déplore l’injustice que représente le fait que certains CDD, notamment d’usage ou saisonniers, n’ouvrent pas droit à cette prime minimale pour compenser la précarité qu’ils subissent. Les syndicats indiquent également vouloir durcir les règles sur le renouvellement des contrats, afin de favoriser l’accès plus rapide au CDI et réduire la précarité laborale en France.

Concernant le bonus-malus – une mesure visant à moduler les cotisations des employeurs en fonction du volume de contrats courts – le sujet reste aussi très sensible. La CPME souhaite sa suppression totale, arguant qu’il ne fonctionne pas comme prévu et qu’il nuit aux secteurs vulnérables. Les syndicats, pour leur part, proposent de renforcer le dispositif, en augmentant, par exemple, les cotisations payées par les employeurs pour les contrats de courte durée, afin d’inciter à prolonger la durée des CDD.

Selon l’Unédic, au premier trimestre 2025, 81 % des embauches portent sur des contrats courts, dont la moitié ne dure que quatre jours en moyenne. Si cette statistique témoigne d’une certaine flexibilité sur le marché du travail, elle soulève aussi des questions sur la précarité induite par de telles pratiques. La divergence d’approche entre employeurs et syndicats traduit l’enjeu : pour les premiers, il faut plus de souplesse ; pour les seconds, il faut surtout mieux protéger les salariés contre la précarité excessive. La dernière séance, prévue pour le 9 avril, pourrait malgré tout aboutir à une déclaration commune, mais la tendance actuelle suggère un compromis limité, voire symbolique.

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