Les partenaires sociaux se sont réunis mardi 17 mars pour une nouvelle étape dans les négociations sur l’amélioration de la réglementation des contrats courts. La direction générale du travail était présente pour apporter des éléments chiffrés issus d’une campagne de contrôles en cours, mais les discussions sur des sujets cruciaux comme le bonus-malus et la prime de précarité restent particulièrement tendues. Au-delà de ces questions, le futur du régime de la précarité et la question de l’extension des droits à tous les types de contrats précaires constituent des enjeux majeurs pour les acteurs concernés.
Les divergences d’opinions sont nombreuses. Les syndicats, notamment la CGT, la CFDT et Force Ouvrière (FO), proposent d’élargir la versement de la prime de précarité à l’ensemble des contrats courts, y compris ceux de courte durée comme le CDD d’usage ou saisonnier. Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT, souligne que « certains CDD, comme ceux d’usage, n’ont pas de prime de précarité, ce qui crée une inégalité ».
Les syndicats préconisent une extension de la prime pour compenser la précarité, tandis que le patronat reste silencieux ou prudent, rendant la perspective d’un accord incertaine.
De son côté, FO souhaite même aller plus loin en proposant une homogénéisation du taux de la prime à 10 % pour toutes les branches professionnelles. La CFTC, pour sa part, évoque la possibilité d’un taux uniforme de 10 %, tout en tenant compte des accords dérogatoires en vigueur dans certains secteurs comme le BTP, où la prime peut être abaissée à 6 % en échange d’autres avantages, tels que la formation professionnelle ou le bilan de compétences. Pourtant, du côté patronal, le silence prévaut, avec peu de réponses concrètes sur leur volonté de négocier le sujet. Selon Denis Gravouil, « le patronat ne veut pas vraiment engager la discussion ».
Le contexte est d’autant plus compliqué que certains acteurs, notamment dans des secteurs en tension comme la construction ou les soins, soulignent la difficulté de recruter en CDI. Eric Chevée, vice-président de la CPME, alerte : « Beaucoup de salariés refusent des CDI, surtout dans des secteurs où la mise à disposition longue est difficile. On constate aussi que certains refusent de devenir CDI après un contrat court, en raison des primes de précarité », explique-t-il. Ces positions mettent en lumière la complexité de faire évoluer la règle d’octroi de la prime dans un contexte où la précarité semble, paradoxalement, parfois attractive pour certains salariés. La question de la régulation des contrats courts et de la lutte contre la précarité demeure donc au cœur des discussions, sans certitude d’aboutissement à ce stade.
