Le rapport annuel de la médiatrice de France Compétences, publié mercredi, met en lumière une tendance alarmante : en 2025, les refus de financement pour les projets de transition professionnelle (PTP) ont considérablement augmenté, en particulier ceux liés aux coûts des formations. Ce contexte s’inscrit dans un cadre budgétaire plus strict, qui influence fortement la prise de décision des organismes financeurs. La médiatrice souligne que ces refus ont pour origine principalement des motifs financiers, ce qui complique le parcours de reconversion des salariés souhaitant se former.
Selon le rapport, 90% des saisines portaient en 2025 sur le PTP, avec 73% de ces demandes faisant suite à un refus de financement. La médiatrice observe une évolution notable dans les motifs de refus, avec une augmentation des décisions fondées sur le coût financier des projets. Ce contexte a conduit à une hausse du reste à charge pour certains bénéficiaires, notamment suite à l’augmentation du coût des formations financées par le Compte Personnel de Formation (CPF), dont le reste à charge a été accru depuis le 2 avril.
L’augmentation des refus pour motif budgétaire complique l’accès à la reconversion et remet en question la capacité des salariés à se former face à un contexte économique contraint.
Le rapport donne l’exemple concret d’une femme reconnue travailleuse handicapée, avec trois enfants à charge, dont le projet de formation avait été initialement refusé pour des raisons financières. Grâce à une médiation, son dossier a été réexaminé et finalement accepté, soulignant l’importance d’une évaluation individualisée. La médiatrice insiste sur le fait que la comparaison du coût d’un projet à une moyenne nationale ou la durée de la formation seul ne doit pas constituer un motif de rejet, rappelant que toute décision doit rester adaptée au profil de chaque candidat.
Face à cette situation, la médiatrice recommande une clarification dans les critères d’évaluation des coûts par les organismes de financement, ainsi qu’une meilleure valorisation des parcours combinant un co-investissement des usagers. Elle souligne également que les ressources des associations Transitions Pro, qui interviennent dans le financement des reconversions, ont diminué d’environ 13% en 2024, et cette tendance perdure en 2025, rendant la situation encore plus complexe pour les demandeurs.
En conclusion, la médiatrice met en garde contre les risques d’une gestion trop rigoureuse des coûts, car cela pourrait limiter l’accès à la formation pour ceux qui en ont le plus besoin, notamment les salariés en situation de vulnérabilité ou en reconversion. Elle insiste sur la nécessité d’apprécier chaque dossier de manière individualisée pour éviter que des décisions fragiles, basées uniquement sur des critères financiers, ne compromettent l’avenir professionnel de nombreux candidats.
