La fondation Raspberry Pi a récemment annoncé la sortie d’un nouveau modèle de son célèbre mini-ordinateur : le Raspberry Pi 4 3 Go. Disponible au prix de 83,75 dollars (environ 100 euros), ce modèle s’inscrit dans une stratégie visant à faire face à la flambée des coûts de la mémoire, notamment la mémoire LPDDR4 dont le prix a été multiplié par sept en un an. Pour contourner cette inflation, le Raspberry Pi intègre désormais deux puces de 1,5 Go, une configuration alternative aux modules classiques de 2 Go, permettant de réduire les coûts de production tout en maintenant un certain niveau de performance.
Malheureusement, cette nouvelle configuration ne peut empêcher la hausse généralisée des prix du reste de la gamme, en particulier en Europe. Chez le revendeur français Kubii, par exemple, le Raspberry Pi 4 4 Go a vu son prix passer de 65 euros à 120 euros, une augmentation significative qui reflète la montée des coûts due à la demande croissante en mémoire pour les besoins de l’intelligence artificielle. De même, le Raspberry Pi 5 16 Go voit son prix grimper de 212 à 353 euros. Seul le modèle 2 Go reste stable dans les prix, aux alentours de 63 euros.
Les demandes des centres de données alimentées par l’IA ont provoqué une hausse mondiale des prix, rendant l’accès aux Raspberry Pi plus difficile pour les makers et les hobbyistes.
Cette tendance inquiète une partie de la communauté, notamment Jeff Geerling, un créateur de contenu reconnu dans l’univers Raspberry Pi. Selon lui, ces augmentations de prix risquent d’exclure une partie des utilisateurs, qui pourraient se tourner vers des alternatives comme l’ESP32, une microcontrôleur plus abordable. Les modèles plus anciens, équipés de mémoire LPDDR2, sont moins impactés par cette crise. La situation pose donc la question de la pérennité de l’accessibilité des Raspberry Pi, qui ont longtemps été présentés comme des appareils à faible coût destinés à l’éducation, au bricolage et à la création électronique.
Malgré ces difficultés, la fondation Raspberry Pi semble chercher des solutions pour limiter la casse. La sortie de ce modèle 3 Go témoigne d’un effort pour maintenir une certaine accessibilité, même si la réalité du marché impose des prix plus élevés pour l’ensemble de la gamme. La crise de la mémoire liée à la demande en IA représente une contrainte globale qui affecte aussi bien les fabricants de composants que les consommateurs finaux. Reste à voir si de futures innovations permettront de stabiliser les prix ou si cette tendance se poursuivra à l’avenir.
