Un décret publié ce mercredi au Journal officiel annonce une hausse significative du reste à la charge des bénéficiaires de formations financées via le compte personnel de formation (CPF). À partir du 2 avril, cette somme passera de 100 à 150 euros, représentant une augmentation de 50 %. Cette mesure concerne tous les actifs souhaitant suivre une formation financée par leur CPF, un dispositif qui permet habituellement de financer la totalité ou une grande partie des coûts liés à une formation.
Ce changement s’inscrit dans le cadre de la dernière loi de finances pour 2026, adoptée en février après un débat intense qui a retardé son adoption. Avant cette modification, les bénéficiaires pouvaient bénéficier d’un financement à 100 % si leur solde CPF était suffisant. La participation forfaitaire de 100 euros, initialement mise en place en mai 2024, avait déjà progressé discrètement en début d’année pour atteindre 103,20 euros, en lien avec l’inflation. La nouvelle augmentation s’ajoute donc à cette tendance à la hausse du reste à charge.
Le gouvernement cherche à réaliser 250 millions d’euros d’économies sur la formation, ce qui se traduit par une réduction progressive du financement accessible aux actifs à travers le CPF.
Ce n’est pas la seule mesure de restriction : un plafonnement des fonds mobilisables a également été instauré pour certaines formations, avec un maximum de 1 500 euros pour les formations spécifiques comme les langues ou certifications informatiques, et de 1 600 euros pour les bilans de compétences. Le financement du permis de conduire via le CPF est quant à lui limité à 900 euros. Ces plafonds limitent donc la possibilité pour certains de couvrir totalement leurs dépenses, même si leur solde CPF est élevé.
En conséquence, si vous disposez d’un montant conséquent sur votre compte CPF, vous devrez tout de même régler la différence si le coût de la formation dépasse ces plafonds. Par exemple, pour une formation à 2 000 euros, le financement via le CPF ne pourra couvrir que 1 500 euros, laissant un reste à charge de 500 euros, incluant la nouvelle contribution forfaitaire de 150 euros. Ce contexte soulève des questions sur l’accessibilité à la formation et la reconversion professionnelle pour les actifs, notamment ceux avec des budgets limités.
En somme, malgré un encadrement qui limite le financement total des formations, le gouvernement poursuit sa politique de réduction des dépenses sur le CPF, rendant parfois plus coûteuse pour les bénéficiaires la poursuite de leur formation ou reconversion professionnelle, en particulier pour les formations coûteuses ou longues.
