Le géant du logiciel en cloud Salesforce a récemment mis à jour sa stratégie en intégrant de plus en plus l’intelligence artificielle à ses produits, notamment à Slack. Lors d’une petite réunion à San Francisco ce mardi, le CEO Marc Benioff et son équipe ont dévoilé les dernières avancées dans ce domaine, en présentant une version améliorée de Slack dotée d’une multitude de nouvelles fonctionnalités axées sur l’IA. Parmi ces nouveautés, la plus marquante est la transformation de Slackbot, l’assistant intelligent de la plateforme, qui a reçu un sérieux coup de jeune.
Les 30 nouvelles fonctionnalités, qui seront déployées dans les mois à venir, suivent une mise à jour de janvier qui avait déjà conféré à Slackbot des capacités d’agent autonome, telles que la rédaction d’e-mails, la planification de réunions ou encore la recherche d’informations spécifiques dans la boîte de réception. La nouveauté la plus notable annoncée est celle des « compétences IA réutilisables », permettant aux utilisateurs de définir des tâches précises pour Slackbot qui, une fois configurées, peuvent être appliquées dans différents scenarios et contextes. Slackbot dispose désormais d’une bibliothèque intégrée de ces compétences, mais les utilisateurs peuvent aussi créer leurs propres versions personnalisées.
Slackbot peut maintenant lancer des actions complexes, comme créer un budget ou organiser une réunion, en puisant dans diverses sources de données et en coordonnant les participants, réduisant ainsi significativement la charge de travail des employés.
Une autre avancée majeure est l’intégration de Slackbot en tant que client du protocole MCP (Model Context Protocol), ce qui lui permet de se connecter et de collaborer avec des services et outils externes. Parmi ces outils, figure Agentforce, la plateforme de développement d’agents IA de Salesforce lancée en 2024. Grâce à cette connexion, Slackbot peut acheminer des tâches ou poser des questions aux agents ou applications de l’entreprise, en identifiant la solution la plus efficace sans intervention humaine. Rob Seaman, CEO par intérim de Slack et ancien directeur produit, précise que Slackbot peut aussi transcrire et résumer des réunions, permettant aux participants de retrouver rapidement les points clés ou les actions à prendre, même s’ils ont été distraits.
En outre, Slackbot peut opérer en dehors de Slack, en surveillant l’activité sur l’ordinateur de l’utilisateur, en gérant des aspects tels que ses opportunités commerciales, ses conversations ou son calendrier. Sur la base de ces données, il peut faire des recommandations ou rédiger des suivis pour des tâches importantes, tout en garantissant le respect de la vie privée grâce à des protections intégrées et des options de permissions ajustables. L’objectif de Salesforce semble clair : transformer Slack en une plateforme polyvalente capable de gérer une multitude de processus métier, au-delà de la communication d’entreprise traditionnelle.
Lors de son keynote, Marc Benioff a souligné que ces innovations s’inscrivent dans une « incroyable aventure » entamée il y a cinq ans lors de l’acquisition de Slack, qui a permis d’atteindre un chiffre d’affaires multiplié par deux et demie. Avec plus d’un million d’entreprises utilisant la plateforme, Salesforce espère faire de Slack un outil incontournable dans la gestion des processus métier grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle.
