Depuis une vingtaine d’années, la robotisation a marqué le secteur industriel en anticipant une substitution des ouvriers par des machines. Aujourd’hui, avec l’avènement de l’intelligence artificielle générative, c’est le monde des « cols blancs » qui se trouve à son tour bousculé. Les cabinets de conseil et d’audit du Big Four, notamment EY, KPMG, Deloitte et PwC, expérimentent ces nouvelles technologies pour transformer leurs pratiques internes et leur offre de services.
Contrairement à l’idée que l’IA pourrait éliminer définitivement certains postes, l’étude des stratégies adoptées par ces géants révèle une orientation différente : il ne s’agit pas de remplacer le consultant, mais de le requalifier. L’introduction de l’IA, comparable aujourd’hui à un « nouvel Excel » pour le recrutement, permet d’automatiser des tâches historiques des juniors telles que la saisie ou la mise en forme de rapports. Par conséquent, la maîtrise de ces outils devient désormais une compétence essentielle, de la même façon que la maîtrise d’Excel dans le passé.
« La vraie évolution réside dans la requalification des profils et l’intégration d’un regard critique face à l’automatisation, afin d’assurer une valeur humaine dans un monde de plus en plus technologie. »
Face à cette transformation, les processus de recrutement évoluent également. Chez EY, par exemple, l’accent est mis sur la capacité des candidats à travailler de manière éthique et responsable avec l’IA, en développant leur esprit critique face aux biais des algorithmes tels que ChatGPT ou Gemini. PwC, pour sa part, souligne que les compétences analytiques et la capacité à porter un regard critique deviennent plus différenciantes que l’expertise technique pure. La quête de profils hybrides, combinant une culture technique avancée et des qualités relationnelles, s’intensifie. KPMG affiche une ambition claire : atteindre 20 % d’ingénieurs dans ses effectifs d’ici cinq ans, un objectif ambitieux compte tenu de la concurrence accrue sur ces profils polyvalents.
