On devait avoir accès dans 4 mois aux salaires moyens de ses collègues mais les entreprises ne sont pas prêtes et le gouvernement pourrait leur donner un sursis d’un an

Une étude menée par l’ANDRH (Association Nationale des DRH) alerte sur les difficultés que rencontrent actuellement les entreprises françaises face à la mise en œuvre de la directive européenne sur la transparence salariale. Alors que l’échéance fixée à juin 2026 approche à grands pas, la majorité des responsables des ressources humaines (RH) n’ont pas encore entamé les démarches nécessaires pour se conformer à ces nouvelles obligations. Cette situation soulève des inquiétudes quant aux tensions sociales potentielles et aux défis administratifs que ces mesures entraîneront.

La directive, qui doit être transposée dans le droit français d’ici juin 2026, impose notamment aux entreprises de communiquer une fourchette salariale en amont d’un entretien d’embauche et de permettre aux salariés de demander le salaire moyen de leurs collègues exerçant un travail équivalent ou de valeur comparable. Ces mesures visent à garantir une plus grande transparence et à réduire les inégalités salariales, mais leur mise en œuvre nécessite la construction préalable de catégories de travailleurs et le développement d’une politique de rémunération adaptée. Cependant, l’enquête de l’ANDRH indique que 78% des entreprises n’ont pas encore élaboré de politique de rémunération spécifique à ces nouvelles exigences.

Les experts craignent qu’une mise en œuvre précipitée n’engendre des tensions sociales et juridiques durables, d’autant plus qu’un important défi culturel et managérial doit être relevé.

Face à cette situation, le gouvernement envisagerait un report de l’échéance. Selon le média spécialisé actuel-RH, la Direction générale du travail aurait remis aux partenaires sociaux un document proposant un délai supplémentaire, qui pourrait repousser l’obligation d’information sur le salaire moyen à partir du moment où l’entreprise aurait défini sa catégorisation, et ce, jusqu’au 1er juin 2027. Si cette mesure était confirmée, elle offrirait un sursis d’un an aux entreprises, permettant ainsi de mieux préparer leur transition vers ces nouvelles pratiques.

Malgré ces incertitudes, les responsables RH restent majoritairement favorables au principe de transparence salariale. L’enquête montre que 72% des DRH estiment légitime que des corrections soient apportées en cas d’écarts injustifiés de plus de 5%. Toutefois, ils soulignent également que cette réforme soulève d’importants défis, notamment celui d’expliquer, justifier, et reconnaître les écarts salariaux dans un contexte où une majorité d’entre eux ne disposent pas encore des outils ou de la formation adéquate pour cela. Le risque n’est pas seulement juridique, mais aussi social, si la mise en place n’est pas accompagnée d’un encadrement clair et d’un calendrier réaliste.

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