La « économie des créateurs » connaît une évolution rapide, marquée par un virage stratégique évident : de plus en plus d’influenceurs et de youtubeurs ne se contentent plus des revenus générés par la publicité. À l’heure actuelle, certains créateurs construisent véritablement des écosystèmes commerciaux complets, en lançant leurs propres lignes de produits, en rachetant des startups ou en développant des empires d’affaires durables. Par exemple, MrBeast, célèbre youtuber, a récemment acquis la startup fintech Step, tout en lançant une gamme de chocolats qui lui rapporte davantage que ses activités médiatiques traditionnelles. Ce phénomène n’est pas isolé : pour beaucoup, cette diversification est devenue le nouveau modèle économique à suivre.
Lors du dernier épisode du podcast Equity de TechCrunch, les journalistes Kirsten Korosec, Anthony Ha et Rebecca Bellan ont analysé cette tendance. Ils expliquent que les créateurs s’éloignent peu à peu du simple modèle de rémunération par les annonces en se tournant vers la création de véritables infrastructures commerciales et financières. Ce passage à une diversification stratégique soulève toutefois des questions quant à la scalabilité de ce modèle, notamment s’il peut s’adresser à l’ensemble des créateurs ou uniquement aux plus grands influenceurs, ceux qui sont capables de mobiliser des ressources et de gérer des entreprises complexes.
Ce mouvement vers la construction d’un véritable empire d’affaires pourrait transformer la façon dont l’influence numérique s’insère dans l’économie traditionnelle, en allant bien au-delà des revenus publicitaires.
Parmi les autres sujets abordés dans l’épisode, on trouve notamment la levée de fonds de Date Drop, une plateforme de rencontres qui mise sur une expérience curatée hebdomadaire pour lutter contre le burnout amoureux à l’université, ou encore la recapitalisation de 140 millions de dollars par Drew Baglino, ancien vice-président de Tesla, pour financer des transformateurs à l’état solide destinés aux centres de données alimentant l’intelligence artificielle. La scène internationale n’est pas en reste : l’Inde, avec ses investissements massifs de 200 milliards de dollars dans l’IA, manifeste une volonté claire de s’imposer dans ce secteur, même si sa première introduction en bourse axée sur l’IA a connu des difficultés.
Les outils d’IA vidéo, tels que ByteDance avec Seadance 2.0, soulèvent également un grand débat : démocratisent-ils la créativité ou ne produisent-ils qu’un flot incessant de contenu de moindre qualité ? La question demeure ouverte quant à l’impact à long terme de ces nouvelles technologies sur la production de contenu, la diversité artistique, et la consommation des médias numériques. La tendance générale montre que l’intérêt des créateurs pour la diversification de leur activité est en pleine croissance, témoignant de leur volonté de bâtir des entreprises résilientes en s’appuyant sur des bases solides au-delà de la simple monétisation des vues.
