Le réseau des Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) tire la sonnette d’alarme face à l’évolution préoccupante de l’apprentissage en France. Dans une lettre ouverte publiée ce mercredi 18 février, elles dénoncent la baisse des subventions publiques qui menace la pérennité de leur dispositif de formation. Chaque année, plus de 110 000 jeunes sont formés au sein des centres de formation des CMA, principalement au niveau bac et infra-bac, avec un impact direct sur l’accès à l’emploi et le développement d’une économie locale dynamique.
Les CMA soulignent que la capacité de leurs centres à former les artisans de demain est gravement mise en danger, avec une réduction de leurs effectifs de l’ordre de 6 % pour la première fois depuis 2013. Ce déclin s’ajoute à une baisse progressive des financements, qui, selon elles, pourrait entraîner des fermetures de sections et une dégradation de la qualité de formation. La diminution des ressources allouées reflète une tendance inquiétante, amplifiée par des coupes budgétaires considérables décidées depuis 2018, notamment dans la prise en charge par l’État.
“Les CMA réclament une mise en œuvre immédiate d’un pilotage stratégique du financement de l’apprentissage, incluant une révision à la hausse des NPEC.”
En 2025, les CMA évaluent à une baisse de 8 % les moyens financiers consacrés à leur fonctionnement, représentant une perte d’environ 30 millions d’euros. Cette baisse risque d’aggraver la tendance, menant possiblement à une spirale infernale de fermetures et de diminution de l’offre de formation. Face à cette situation critique, les Chambres appellent le gouvernement à agir rapidement en instaurant un pilotage stratégique du financement, notamment en augmentant les budgets alloués aux formations aux niveaux bac et infra-bac, qui jouent un rôle central dans l’insertion professionnelle des jeunes.
Le contexte est également marqué par la réaction du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti), qui déplore la réduction récente des aides à l’apprentissage pour les niveaux 5 et supérieurs, particulièrement dans les grandes entreprises. Selon le Meti, cette diminution pourrait aggraver la chute déjà alarmante du recrutement d’apprentis dans ces structures. D’après leurs estimations, deux tiers des ETI ont déjà réduit leur nombre d’apprentis d’au moins 20 % en 2025, ce qui pourrait également freiner la croissance économique de ces entreprises.
Les experts craignent que cette politique de réduction des aides n’entraîne une augmentation du chômage des jeunes et une désaffection pour l’apprentissage, au moment où celui-ci serait crucial pour relancer l’économie locale et nationale. La question de l’avenir de l’apprentissage en France se pose donc avec acuité, dans un contexte où l’équilibre entre soutien financier et développement de compétences devient plus que jamais stratégique.
