Dans son dernier rapport publié le 17 février 2026, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) met en lumière les enjeux cruciaux liés à l’attractivité des métiers du secteur médico-social, en particulier ceux œuvrant dans le domaine de l’autonomie. Ce secteur, qui regroupe de nombreux professionnels dédiés au accompagnement des personnes en situation de dépendance, souffre d’une sinistralité alarmante et de conditions de travail difficiles, susceptibles de dissuader les candidatures et d’accroître le turnover.
Selon les données présentées, la fréquence des accidents du travail dans le secteur est plus de 2,5 fois supérieure à la moyenne nationale et 1,7 fois plus élevée que dans le Bâtiment et Travaux Publics (BTP). En 2023, on dénombrait ainsi 70 accidents pour 1000 salariés, illustrant la gravité de la situation. Ces accidents impactent non seulement la santé des professionnels, mais engendrent aussi des coûts considérables pour le système de santé et les établissements, estimés à l’équivalent de 20 000 postes à temps plein en 2023.
“Améliorer la prévention et les conditions de travail constitue une priorité pour renforcer l’attractivité et la stabilité dans le secteur médico-social.”
Face à ces constats, l’Igas propose une stratégie ambitieuse axée principalement sur la prévention des risques professionnels, en insistant sur le rôle essentiel de la formation. La généralisation des actions de sensibilisation et de formation continue apparaît comme une réponse clé pour réduire la fréquence des accidents du travail, améliorer la qualité de vie au travail (QVCT) et favoriser une meilleure attractivité des métiers. La mise en place de dispositifs complets de prévention, adaptés aux spécificités du secteur, semble indispensable pour inverser la tendance et assurer la sécurité des professionnels du médico-social.
Ce rapport met également en avant la nécessité d’un engagement renforcé des acteurs concernés, tant au niveau des pouvoirs publics que des établissements, pour instaurer une culture de sécurité durable. La collaboration interprofessionnelle et l’amélioration des conditions de travail sont présentées comme des leviers essentiels pour lutter contre le turn-over et améliorer la qualité des services rendus aux personnes accompagnées. La mise en œuvre de ces recommandations pourrait bâtir un secteur plus attractif, plus sûr, et plus durable à long terme.
