Dans un contexte où le rage bait est en plein essor sur les réseaux sociaux et les sites d’information, un nouvel outil nommé RageCheck se positionne comme une solution pour repérer ces contenus manipulatoires. Selon ses créateurs, cet outil gratuit et open source, lancé début janvier, analyse automatiquement la présence de techniques de manipulation émotionnelle dans un article ou un post en ligne en s’appuyant sur cinq critères essentiels : langage inflammatoire, panique ou menace, appât à engagement, absolutisme et clivages. En quelques secondes, RageCheck attribue un score variant de 0 à 100, permettant ainsi à l’utilisateur d’évaluer rapidement si le contenu peut être considéré comme manipulateur ou s’il reste neutre.
Le principe est simple : il suffit de coller l’URL du contenu à analyser dans la plateforme, qui se charge ensuite de balayer le texte pour repérer précisément quels passages utilisent ces techniques, et de fournir un score ainsi qu’un aperçu détaillé par catégorie. Par exemple, un article qui utilise des termes spectaculaires comme “scandale” ou “détruire” tout en jouant sur la peur ou l’indignation sera rapidement signalé si ses techniques de framing sont abusives. Cependant, il est important de noter que RageCheck ne fait pas de fact-checking, c’est-à-dire qu’il ne vérifie pas la véracité des faits, mais uniquement la manière dont ils sont présentés à des fins émotionnelles.
“RageCheck permet de retourner les techniques des putaclics contre eux-mêmes en mettant en lumière leur manipulation.”
Malgré ses atouts, l’outil présente quelques limites, notamment sa dépendance à la langue anglaise : son dictionnaire de détection n’étant pas encore adapté au français, il fonctionne moins bien sur les contenus francophones. De plus, l’analyse concerne uniquement les contenus accessibles publiquement, ce qui limite son usage sur des articles derrière des paywalls. La transparence du système, avec la possibilité de modifier le code dans sa version open source, offre un potentiel d’amélioration et d’adaptation pour les développeurs ou utilisateurs avertis. Face à une industrie de la désinformation qui valorise l’engagement au détriment de l’information vérifiée, RageCheck apparaît comme une arme pour mieux comprendre et se défendre contre ces formes de manipulation.
En somme, RageCheck incarne une réponse technologique à une problématique sociale majeure : la montée en puissance du rage bait qui, grâce aux algorithmes, génère des clics et de l’engagement en jouant sur la colère et l’émotion. La capacité de cet outil à détecter, de manière transparente, les techniques utilisées dans un contenu permet non seulement aux lecteurs d’être plus critiques, mais aussi d’encourager le développement de solutions complémentaires pour contrer la désinformation. Avec la digitalisation de l’information, des outils comme RageCheck sont devenus indispensables pour préserver une citoyenneté informée et critique dans un environnement médiatique saturé de contenus manipulatoires.
