Depuis 2014, bien avant la crise sanitaire mondiale, le groupe automobile Stellantis (anciennement PSA) avait adopté une politique audacieuse en matière de télétravail, positionnant l’entreprise comme un leader dans ce domaine en France. Cette initiative visait à offrir à ses salariés du secteur tertiaire la possibilité de travailler à distance, renforçant ainsi sa réputation d’innovateur social et de gestion moderne du personnel.
Pourtant, cette dynamique semble aujourd’hui devoir céder la place à une nouvelle stratégie. La direction du groupe a annoncé, dans un contexte post-pandémique, qu’elle visait à terme un retour au travail 100% en présentiel. En avril 2025, le groupe avait initié un processus visant à inciter ses employés à revenir au bureau au moins trois jours par semaine, avec pour objectif final une présence sur site à temps plein.
La direction met en avant une volonté de renforcer la collaboration et l’engagement, en favorisant le travail en personne pour mieux connecter ses équipes.
Cependant, cette annonce a suscité une forte inquiétude parmi les salariés. Selon Laurent Oechsel, délégué syndical CFE-CGC, « le climat est très anxiogène. Les employés nous questionnent beaucoup, car pour certains, revenir en présentiel pose des difficultés logistiques importantes, notamment ceux qui vivent loin ou doivent s’occuper de proches aidants ». La transition progressive prévoit ainsi des ajustements au cas par cas, afin d’éviter une rigidité susceptible d’accroître le malaise.
La mise en œuvre de cette nouvelle politique soulève également des défis organisationnels, notamment liés aux capacités d’accueil des différents sites du groupe. La direction assure que « la transition se fera de manière progressive, en tenant compte de nos spécificités contractuelles et légales, ainsi que de nos capacités d’accueil de chaque site ». En pratique, certains salariés ont déjà repris le travail en présentiel depuis le début de l’année, mais d’autres attendent encore des aménagements temporaires pour revenir au rythme voulu.
Si cette relance du travail en présentiel vise à renforcer la cohésion interne, elle ne se fait pas sans obstacle ni réserves de la part de ses salariés, confrontés à des enjeux personnels et logistiques.
En résumé, Stellantis, qui avait innové en adoptant le télétravail en avance sur son secteur, se trouve aujourd’hui à un tournant. La volonté de favoriser de nouveau la présence physique dans ses bureaux traduit une priorité stratégique, mais soulève également des questions sur la gestion du changement et le bien-être de ses collaborateurs. La mise en place d’un équilibre sera sans doute essentielle pour concilier performance économique et satisfaction du personnel.
