Les serveurs vont mieux, les aides-soignants plongent : pour la première fois en 5 ans, la santé mentale des travailleurs s’améliore (mais pas dans tous les secteurs)

Selon le baromètre du cabinet Qualisocial en partenariat avec Ipsos publié ce jeudi 15 janvier, la situation de la santé mentale des salariés en France montre un signe de reprise après plusieurs années de dégradation. En 2025, 22% des travailleurs se déclarent en mauvaise santé mentale, contre 25% l’année précédente, ce qui constitue une amélioration notable et inédite depuis cinq ans. Malgré cette tendance positive, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre les niveaux d’avant la pandémie, où seulement 17% des salariés se sentaient en difficulté, soit 4,6 millions de personnes.

« Cette amélioration reste partielle et réversible, tout le monde ne va pas mieux », souligne Camy Puech, président-fondateur de Qualisocial.

Les experts soulignent toutefois que cette embellie est fragile et que, si la tendance se confirme, il faudra attendre jusqu’en 2030 pour retrouver le niveau de santé mentale d’avant la crise sanitaire. La polarisation observée dans les réponses des salariés révèle que, si globalement moins de personnes se déclarent en mauvaise santé mentale, le vécu de ceux qui sont touchés s’est souvent aggravé. Ainsi, chez les femmes, 25% se disent en mauvaise santé mentale, contre 29% pour l’année précédente, mais cette disparité est encore présente avec celles des hommes, dont le taux diminue également, passant de 21% à 19%.

Les secteurs d’activité affichent également des profils contrastés. Les salariés du bâtiment, notamment dans le secteur du BTP, témoignent d’un état psychologique relativement meilleur, avec 85% ressentant une bonne santé mentale. La nature du travail collectif et la satisfaction de voir concrètement leurs réalisations – comme la construction d’une maison – pourraient expliquer cette tendance. À l’inverse, les secteurs du médico-social et de l’enseignement font face à de sérieuses difficultés, avec respectivement 66% et 71% de salariés en bonne santé mentale. La surcharge de travail, le manque de ressources et le sentiment d’insuffisance dans l’accompagnement des patients ou des élèves alimentent un stress chronique et des risques d’épuisement professionnel.

Dans ce contexte, la mise en œuvre de mesures de prévention apparaît essentielle. La dernière année a vu une avancée notable avec la reconnaissance du sujet comme « Grande cause nationale » pour 2025, ce qui a permis de réduire le tabou autour de la santé mentale. Cependant, près de la moitié des salariés déclarent ne pas avoir accès à des dispositifs de prévention dans leur organisation, un manque criant notamment dans le secteur de l’enseignement. Les études prouvent pourtant leur efficacité, puisque les entreprises disposant d’un plan de prévention lié aux risques psychosociaux (RPS) constatent de meilleurs résultats en termes d’engagement et d’implication des salariés. La culture managériale doit néanmoins évoluer pour favoriser un environnement de sécurité psychique, en remettant en question des méthodes de gestion encore trop orientées vers la pression et le contrôle.

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