A l’heure du budget 2026, l’apprentissage entre dans une nouvelle ère – Digiformag

Cette année, Digiformag initie un cycle d’articles dédié au Centre de Formation d’Apprentis (CFA). Pour lancer cette série, Mathieu Guyot, rédacteur et expert du secteur, a été invité à partager sa vision de l’année 2026 avec une lucidité lucide. Son analyse nous plonge dans un contexte marqué par de nombreuses incertitudes et défis pour le monde de l’apprentissage.

Il n’est pas évident d’accueillir 2026 avec optimisme, tant le secteur doit faire face à une série de mesures d’économies et de réformes qui fragilisent ses fondamentaux. Depuis plusieurs années, le soutien financier de l’État a permis de pérenniser la dynamique de l’apprentissage, mais cette tendance semble s’inverser, avec des coupures budgétaires et une volonté de réduire la voilure sans véritable vision stratégique claire. Le paysage économique et politique influence fortement la capacité des acteurs à se projeter dans l’avenir.

“Le financement de l’apprentissage a changé de visage, passant d’une logique ‘un contrat = un financement’ à une approche plus complexe et exigeante, impliquant davantage la responsabilité des entreprises.”

En janvier, dans un climat d’incertitude, les acteurs attendent encore de voir si les motions de censure seront retenues et si la loi de finances sera adoptée en force. L’absence d’aides au recrutement et le gel des versements par l’ASP illustrent un contexte où l’écosystème de l’apprentissage retient son souffle, craignant surtout un effet de ciseaux sur les financements et la formation. En février, la publication de la loi, avec un budget réduit à France Compétences, alimente ces inquiétudes : une réduction de près d’un milliard d’euros par rapport à l’année précédente, avec des subventions estimées à 650 millions, et la menace d’une baisse supplémentaire en cours d’année.

Le décret précisant les modalités d’octroi des aides annonce une nouvelle baisse, avec notamment la probable suppression des aides pour les entreprises de plus de 250 salariés. Ce revirement pourrait compliquer encore davantage le maintien des dispositifs, d’autant que la participation obligatoire pour certains niveaux de formation semble vouloir perdurer, sans pour autant garantir la stabilité des financements. Par ailleurs, Stéphane Lardy, DG de France Compétences, évoque la possibilité de conditionner les aides à des critères comme le taux d’intégration ou d’obtention du diplôme, ce qui pourrait introduire des biais dans le recrutement des apprentis.

Les chiffres de 2025 confirment une baisse préoccupante de l’apprentissage : moins de contrats dans le secondaire comme dans le supérieur, avec près de 60 000 contrats en moins selon l’INSEE. Malgré ces signaux négatifs, les premières tendances pour 2026 montrent une volonté de communication positive, tentant de rassurer sur une résilience relative du secteur face aux difficultés. Le défi est désormais de préserver l’attractivité de l’apprentissage dans un contexte de restrictions budgétaires.

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