Le distributeur belge Colruyt quitte le marché français, annonçant la cession prochaine de la majorité de ses magasins à d’autres enseignes de grande distribution. Parmi ces établissements, un supermarché de Belleville-en-Beaujolais, situé dans le Rhône, changera d’enseigne dès le 24 février pour devenir un Intermarché. Cette nouvelle marque la fin d’une présence en France qui s’étendait depuis 1996, principalement dans le quart nord-est du pays.
Cette décision s’accompagne de la suppression de plus de 700 emplois, une conséquence directe de la vente de 100 de ses 105 magasins français. Selon des sources concordantes, environ 600 postes seront supprimés dans la région de Dole (Jura), où se trouve notamment un site logistique et le siège de Colruyt France à Rochefort-sur-Nenon. La fin des contrats est prévue au plus tard courant mars, ce qui plonge de nombreux salariés dans une incertitude préoccupante.
Les employés concernés, principalement issus de la région de Dole, font face à une période d’incertitude avec la perte de leur emploi et l’absence de perspectives immédiates de reclassement.
Les syndicats UNSA et CGT déplorent la situation, soulignant que ces suppressions d’emplois touchent 705 familles déjà fragilisées. Selon eux, ces décisions stratégiques seraient principalement dictées par des considérations financières visant à satisfaire les actionnaires, au détriment des salariés. La région de Dole, déjà précarisée, est fortement impactée par cette restructuration, avec des conséquences sociales lourdes à venir.
Colruyt, qui expliquait en avril dernier la difficulté de s’imposer dans un marché français très concurrentiel, justifie cette cession par des « conditions difficiles » dans la distribution alimentaire. Malgré des efforts importants pour améliorer la rentabilité de ses activités en France, la enseigne belge n’a pas réussi à atteindre ses objectifs, ce qui l’a conduite à se retirer de ce marché.
En fin de compte, la cession de ses magasins à des concurrents comme Intermarché, Leclerc, Carrefour et Super U représente pour certains la fin d’une aventure en France. Colruyt a négocié et signé un accord avec ses partenaires sociaux, offrant des indemnités supra-légales pour atténuer l’impact de cette restructuration. Malgré tout, c’est un chapitre difficile pour les employés et les communautés locales concernées par cette fermeture massive.
