De plus en plus de personnes sans compétences en programmation réalisent qu’il est possible de créer leurs propres applications sur mesure en utilisant des solutions de “vibe coding” telles que Lovable, qui transforment des descriptions en langage naturel en code fonctionnel. Si ces outils permettent de concevoir rapidement des prototypes attrayants, leur déploiement à grande échelle pose encore des défis, notamment lorsqu’il s’agit d’intégrer ces applications avec des services technologiques externes comme l’envoi de SMS, le paiement via Stripe ou l’envoi d’emails. La complexité de ces intégrations techniques peut rapidement freiner les créateurs non techniques.
C’est dans ce contexte que Ilan Zerbib, ancien directeur de l’ingénierie pour les paiements chez Shopify, s’attaque à cette problématique en développant une solution capable de simplifier ces processus back-end. L’été dernier, Zerbib a lancé Sapiom, une startup basée à San Francisco, qui construit une couche financière permettant aux agents alimentés par l’intelligence artificielle d’effectuer des achats et d’accéder à des logiciels, API, données ou ressources de calcul en toute sécurité. Cette infrastructure innovante vise à créer un système de paiement automatisé, où l’IA peut acheter les services nécessaires sans intervention humaine.
Selon Amit Kumar, partenaire chez Accel, « dans le futur, les applications seront amenées à consommer des services nécessitant des paiements, mais il n’existe actuellement aucun moyen simple pour que ces agents accèdent à cela ». Il accompagne de près le développement de startups dans le domaine des paiements pour IA, et estime que la focalisation de Zerbib sur la couche financière pour les entreprises est essentielle pour faire fonctionner ces agents intelligents. C’est pourquoi Accel dirige un tour de financement seed de 15 millions de dollars pour Sapiom, avec la participation d’investisseurs comme Okta Ventures, Gradient Ventures, Array Ventures, Menlo Ventures, ainsi que des acteurs du secteur tels qu’Anthropic et Coinbase Ventures.
“Chaque appel API représente un paiement, que ce soit pour envoyer un SMS ou lancer un serveur cloud — la gestion de ces paiements doit être transparente et automatisée.”
Si le projet Sapiom en est encore à ses débuts, l’ambition de la startup est claire : rendre l’infrastructure accessible aux entreprises qui créent des agents IA autonomes. Par exemple, lors de la création d’une application avec des capacités SMS, il ne serait plus nécessaire de s’inscrire manuellement auprès de services comme Twilio, d’ajouter une carte de crédit ou de copier une clé API. Sapiom se chargerait de tout cela en arrière-plan, et la société facturerait le client pour les services utilisés, à la manière d’un simple passage en pass-through via des plateformes comme Lovable ou Bolt. Très attachée au B2B pour l’instant, la technologie pourrait à terme permettre à des agents personnels de gérer des transactions avec des consommateurs, comme commander un Uber ou faire des achats sur Amazon. Cependant, Zerbib souligne que cette vision ne changera pas radicalement la propension des gens à consommer, ce qui explique l’orientation de sa startup vers la simplification pour les entreprises.
En définitive, la société espère offrir un écosystème où IA et paiements s’intègrent de façon fluide, permettant aux créateurs de se concentrer sur leur innovation sans se perdre dans la complexité technique des intégrations. La gestion automatisée des paiements, combinée à la montée en puissance des agents intelligents, pourrait transformer la manière dont nous concevons l’automatisation et la finance dans les années à venir.
Marina Temkin, journaliste spécialisée dans le capital-risque et les startups pour TechCrunch, souligne que cette avancée pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère où les agents IA seront capables de prendre en charge des transactions financières de manière totalement autonome, tout en maintenant la sécurité et la simplicité pour leurs utilisateurs.
