Ce jeudi, l’annonce tant attendue concernant la proposition du Medef de créer un “CDI jeunes” a été fermement rejetée par le gouvernement français. Selon une source gouvernementale confirmée à BFMTV, cette initiative ne figure pas dans les priorités actuelles, mettant fin aux spéculations sur une éventuelle adoption prochaine de ce dispositif controversé. La proposition du Medef, qui consiste à instaurer un contrat à durée indéterminée pouvant être rompu sans motif pendant les premières années d’emploi, suscite en effet de vives inquiétudes parmi les syndicats et la majorité politique.
Pour rappel, le Medef avait proposé mardi un dispositif permettant de simplifier la rupture du CDI pour les jeunes en début de carrière, avec une indemnisation croissante en fonction de l’ancienneté. Il envisage également de s’attaquer au niveau du Smic, qu’il qualifie parfois de frein à l’embauche pour les primo-entrants. Ces idées ont rapidement généré une vague de contestation, notamment de la part des syndicats, qui dénoncent une remise en question des droits fondamentaux des salariés.
Le gouvernement a clairement exprimé son refus, estimant que cette proposition n’était pas à l’ordre du jour, et prioritise la conclusion des négociations en cours sur les ruptures conventionnelles.
Par ailleurs, la réaction syndicale ne s’est pas fait attendre. La CGT a qualifié la proposition du Medef de “déclaration de guerre” et a rappelé qu’il y a vingt ans, un dispositif similaire, le CPE, avait provoqué une mobilisation historique avant d’être abandonné. L’organisation syndicale dénonce le risque d’un retour en arrière en matière de droits du travail, craignant une détérioration des conditions pour les jeunes entrants sur le marché de l’emploi.
Le contexte politique ne laisse pas indifférent : si certains proches du ministre Sébastien Lecornu évoquent un sujet pertinent pour la présidentielle, le Premier ministre a réaffirmé que l’objectif prioritaire reste la finalisation des négociations autour des ruptures conventionnelles. La tension est palpable, et cette nouvelle proposition du Medef ravive les débats sur la flexibilité du marché du travail en France, tout en alimentant la polémique sur la protection des salariés jeunes et précaires.
