Le gouvernement français continue de prendre des mesures pour améliorer la sécurité au travail, notamment à travers une augmentation significative du budget de l’Institut national de recherche sur la sécurité au travail (INRS). Annoncée le 7 janvier par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, cette hausse de 3,4 % prévoit un financement accru d’ici à 2028, atteignant plus de 90 millions d’euros contre 87 millions en 2025. L’objectif est d’accélérer les efforts de prévention des accidents, en réponse à une hausse préoccupante du nombre de décès liés aux conditions professionnelles.
Situé près de Nancy, l’INRS joue un rôle clé dans l’élaboration de stratégies visant à réduire les risques professionnels. Lors de sa visite en Meurthe-et-Moselle, le ministre a indiqué que cette augmentation de budget s’accompagnera également de la mise en place de “prix valorisant les bonnes pratiques” en matière de sécurité, dans une volonté de promouvoir une culture positive de la prévention. En outre, une campagne nationale a été lancée pour sensibiliser davantage les employeurs et salariés à l’importance d’adopter des comportements sécuritaires.
“Par la prévention, qui n’est pas une option, on peut éviter les accidents.”
En dépit de ces initiatives, la sinistrose demeure préoccupante : en 2024, 764 personnes ont perdu la vie à cause d’accidents du travail, un chiffre en augmentation selon le dernier rapport de l’Assurance maladie. Les secteurs les plus touchés restent le transport, la métallurgie, le BTP, mais aussi l’alimentation et les services, où la hausse des décès dépasse les 20 % en un an. Ces données soulignent l’urgence de renforcer la culture de la sécurité au sein des entreprises françaises.
Le ministre Farandou a toutefois souligné l’importance de la prévention comme levier principal pour réduire ces chiffres, insistant sur le rôle d’une “culture de la sécurité” instaurée au sein des organisations. Cependant, il n’a pas évoqué d’éventuelles mesures pour rétablir ou augmenter le nombre d’inspecteurs du travail, dont les effectifs ont diminué de 16 % entre 2015 et 2021 avant de remonter depuis 2022. Ce déficit reste un facteur critique dans la capacité de contrôle et de prévention au niveau national.
