Elle a 55 ans et on veut “la payer comme une débutante” après son arrêt pour soigner un cancer : au travail, les discriminations liées à l’âge frappent davantage les femmes

Les discriminations liées à l’âge constituent un fléau majeur dans le monde professionnel, affectant aussi bien les jeunes que les seniors selon plusieurs études, témoignages et analyses d’experts. Les jeunes femmes, en particulier, sont souvent considérées comme dévalorisées, et celles plus âgées peinent à retrouver un emploi ou à faire évoluer leur carrière dans des conditions équitables. Ces réalités, encore trop peu visibles, dévoilent un phénomène d’âgisme qui fragilise la cohésion et l’égalité au sein du marché du travail.

Selon le baromètre de la défenseure des droits publié en décembre, l’âge est le critère de discrimination le plus mentionné par les personnes ayant vécu une situation de rejet lors de leur recherche d’emploi, avec 42% des enquêtés concernés. De plus, 32% des actifs âgés de 18 à 29 ans rapportent des difficultés dans le déroulement de leur carrière, contre 23% chez les plus de 50 ans. Blandine Mercier, fondatrice de la plateforme Hello Masters, souligne que cette forme d’âgisme ne touche pas uniquement les seniors, mais aussi les jeunes, en particulier dans leur parcours professionnel.

Les discriminations liées à l’âge impactent aussi bien les jeunes que les plus âgés, avec une réalité complexe où les femmes se trouvent souvent à la croisée de plusieurs marges de discrimination.

Les femmes, en particulier, subissent un « cumul » de désavantages liés à leur âge. Confrontées à des carrières souvent moins linéaires à cause des interruptions liées à la parentalité ou au soutien aux proches âgés, elles limitent souvent leur progression professionnelle. Valérie Gruau, de la plateforme Seniors à votre service, observe que « sur la tranche d’âge 55 ans et plus, il y a plus d’hommes en emploi que de femmes » et que celles reprenant une activité travaillent rarement à temps plein, ce qui aggrave leur situation sur le marché du travail.

Un exemple frappant de ces discriminations est celui de Céline Faudemer, 55 ans, qui après un arrêt de travail de deux ans pour cause de cancer, a été licenciée pour inaptitude. Elle raconte avoir été « victime de discrimination parce que je suis une femme de 55 ans expérimentée » et en raison de sa maladie. Elle dénonce une difficulté accrue à obtenir un emploi, à un moment où elle cherche à se réinsérer dans la vie professionnelle. Des témoignages similaires ressortent également du cas de Marie, ancienne cadre bancaire de 62 ans, rétrogradée puis mise à l’écart lors d’une restructuration, après avoir refusé un départ volontaire qui aurait signifié une rupture de carrière définie.

Par ailleurs, les jeunes ne sont pas épargnés par ces dynamiques d’âgisme. En 2024, ils sont de plus en plus nombreux à percevoir des discriminations à l’embauche ou lors de l’évolution dans leur carrière, ces perceptions ayant été bien moindres en 2016. Les jeunes femmes, en particulier celles âgées de 18 à 34 ans, rapportent plus fréquemment des remarques dévalorisantes liées à leur âge, avec un taux de 64%, contre 38% pour leurs homologues masculins.

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