Depuis la mise en place de la réforme de l’assurance chômage en 2023, la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi a été significativement réduite, passant de 24 à 18 mois. Selon un bilan publié ce jeudi 18 décembre par l’Unédic, cette modification a entraîné une baisse moyenne de 14% de la durée d’indemnisation pour les bénéficiaires concernées, deux ans et demi après son entrée en vigueur. Ce premier bilan ne permet toutefois pas encore d’évaluer pleinement ses effets sur la reprise d’emploi des chômeurs, une dimension encore en cours d’étude.
Cette réforme s’inscrit dans une série de modifications des règles de l’assurance chômage sur plusieurs années. Elle a notamment réduit de 25% la durée potentielle d’indemnisation des nouveaux entrants depuis février 2023, tout en maintenant une durée minimale fixée à six mois. La possibilité d’extension de cette durée en cas de taux de chômage élevé, supérieur à 9%, est toujours en vigueur, avec un taux de chômage actuel de 7,7% au troisième trimestre 2025. L’impact de ces ajustements sur le marché du travail reste encore à analyser en profondeur.
“Le nombre de personnes arrivant en fin de droit sans possibilité de rechargement, en baisse depuis 2022, est reparti à la hausse en 2023, doublant entre mars 2023 et mars 2025.”
Le bilan de l’Unédic indique que la réforme est encore en phase de montée en charge. Fin juillet 2025, 71% des allocataires relevaient désormais de ses mesures. À terme, cette part devrait atteindre neuf allocataires sur dix, à l’exception des outre-mer, qui en sont exclusions. La baisse de la durée potentielle d’indemnisation a été largement ressentie : elle s’établit à 16 mois en moyenne, contre 20 mois en 2022, ce qui représente une chute de 20%. La baisse de la durée réelle, celle effectivement indemnisée, est de 14% en moyenne, atteignant 20% pour les moins de 53 ans, un profil particulièrement impacté par la réforme.
Ce contexte a également entraîné une augmentation significative du nombre de personnes en fin de droits sans possibilité de rechargement, qui a bondi de 77,5% en deux ans, passant de 41 000 en mars 2023 à 70 000 mars 2025, selon l’Unédic. Cette hausse soulève des interrogations sur l’efficience de la nouvelle configuration, notamment sur l’accompagnement et la sortie vers l’emploi pour ces demandeurs en fin de droits. Par ailleurs, cette réforme générera des économies estimées à environ 4,5 milliards d’euros par an à l’horizon 2027, ce qui en fait la mesure la plus coûteuse et la plus impactante financièrement des dix dernières années dans le domaine de l’assurance chômage.
En parallèle, une autre réforme partielle, entrée en vigueur au printemps 2025, a également modifié d’autres paramètres, notamment en relevant à 55 et 57 ans l’âge requis pour bénéficier d’une prolongation d’indemnisation, ce qui tend à durcir les conditions d’accès à certains droits. Des négociations multipartites sont programmées début 2026 pour définir de nouvelles mesures relatives aux ruptures conventionnelles, avec un objectif d’économiser 400 millions d’euros par an. La dynamique des réformes continues reflète une volonté d’assainir les finances tout en posant la question de leur impact social à long terme.
