L’Assemblée nationale adopte le budget 2026, avec un CPF plafonné et l’abandon de l’aide au permis pour les apprentis – Centre Inffo

Le 27 janvier 2026, l’Assemblée nationale a rejeté les motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, permettant ainsi l’adoption définitive du budget de l’État pour l’année 2026. Ce vote marque une étape cruciale dans la mise en œuvre du projet de loi de finances, qui comporte plusieurs mesures particulièrement sensibles dans le secteur de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

Parmi ces dispositions, deux ont particulièrement suscité l’indignation et l’inquiétude. La première concerne l’article 81, qui limite désormais le recours au compte personnel de formation (CPF). Après l’instauration d’une participation financière obligatoire en 2024, fixée à 103,20 € pour mobiliser les droits du CPF en 2026, cette nouvelle restriction change la donne en plafonnant l’utilisation des crédits du compte. Concrètement, cela signifie que les bénéficiaires ne pourront plus utiliser la totalité de leurs droits pour financer leurs formations, mais seront soumis à des plafonds par action, fixés par décret selon le type de formation.

Les nouvelles mesures diminueront la liberté des individus dans le choix et la financement de leurs formations, laissant craindre une baisse de motivation et d’accès à la formation continue.

Les formations concernées par cette limitation seront celles menant à une certification inscrite dans une liste spécifique, dont les modalités précises seront décidées ultérieurement par décret. Cette définition pourrait exclure certains parcours souvent choisis pour leur flexibilité ou leur coût réduit, ce qui risque de limiter l’accès à la formation pour certains publics.

La deuxième mesure controversée porte sur la suppression de l’aide au permis de conduire pour les apprentis. Jusqu’à présent, cette aide facilitait l’autonomie des jeunes en apprentissage en leur permettant d’accéder plus facilement au permis, un véritable levier pour leur insertion professionnelle. La disparition de cette aide pourrait compliquer la vie des apprentis et réduire leur mobilité, au moment où la chaîne de formation et d’insertion professionnelle connaît déjà plusieurs défis.

En conclusion, ces mesures traduisent une volonté de recentrer et de rationaliser l’accès à la formation, mais elles soulèvent de nombreuses questions quant à leur impact sur l’inclusion et la mobilité des jeunes et des adultes en apprentissage. La réduction de la liberté d’utilisation du CPF, associée à l’abandon de l’aide au permis, pourrait aggraver les inégalités face à la formation et à l’emploi, dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions dans le secteur.

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