Depuis le lancement du cycle d’articles dédié au CFA par Digiformag, l’année 2026 s’annonce comme une période de transformations majeures pour le secteur de l’apprentissage. Mathieu Guyot, expert et rédacteur spécialisé, partage une vision lucide de cette année, marquée par des défis financiers et une évolution profonde des modalités de financement. La tendance générale indique que l’apprentissage, malgré une période de morosité, continue de présenter un potentiel de développement, à condition d’adapter ses stratégies et de renforcer ses partenariats avec les employeurs.
Les premiers mois de 2026 se dessinent dans un contexte d’incertitude. Les mesures d’économies drastiques sont en place, les aides au recrutement sont suspendues ou revues à la baisse, et le budget alloué à France Compétences s’élève à seulement 650 millions d’euros, une réduction significative par rapport à l’année précédente. Ces ajustements financiers, combinés à des critères de plus en plus stricts pour l’octroi des aides, risquent d’impacter négativement le volume de contrats et la dynamisation de l’apprentissage, notamment dans le supérieur. Pourtant, malgré ces contraintes, le secteur tente de résister, et les communications positives autour de l’apprentissage continuent à se multiplier.
L’apprentissage a encore de beaux jours devant lui malgré les réformes et les restrictions financières.
Avec la publication du nouveau référentiel de NPEC par France Compétences, les acteurs du secteur ont effectué des arbitrages à la baisse, tout en mobilisant davantage pour certains certifications clés. La lutte contre la fraude se renforce, avec la mise en place de contrôles plus rigoureux, et des outils tels que Karoussel V2 facilitent désormais la remontée analytique et les audits. Cependant, l’attente pour le nouveau référentiel Qualiopi demeure, ce qui montre que la Transition vers un nouveau visage du financement de l’apprentissage est encore en cours. La tendance est claire : le financement ne repose plus uniquement sur un seul contrat, mais devient multi-facette, avec une participation accrue des entreprises, qui doivent désormais s’investir dans la co-construction des parcours.
Ce changement fondamental soulève plusieurs enjeux pour les CFA : comment évoluer de simples prestataires de formation à de véritables partenaires des entreprises ? La réponse se trouve dans une stratégie d’intégration renforcée, avec des interventions régulières, la co-conception des programmes et une extension de l’offre de services. La sollicitation accrue des employeurs doit également s’accompagner d’un engagement mutuel, où tout financement doit bénéficier d’une contrepartie tangible. La réussite de cette évolution sera déterminante pour assurer la pérennité du secteur et continuer à propulser l’apprentissage comme vecteur d’insertion et de diversification professionnelle.
