Burn-out reconnu comme maladie professionnelle : que dit la loi ?

Le phénomène de burn-out, ou épuisement professionnel, dépasse désormais la sphère individuelle pour devenir une véritable problématique de santé publique et un enjeu stratégique pour les entreprises. La récente décision du Conseil d’État, en mai 2024, de reconnaître la légitimité d’un arrêt de travail pour burn-out marque une étape importante dans la reconnaissance officielle de cette condition psychique. Cette avancée offre une protection accrue aux salariés en validant la nature sérieuse de leur état, tout en relançant le débat sur la systématicité de sa reconnaissance en tant que maladie professionnelle.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le burn-out se définit comme un syndrome résultant d’un stress professionnel chronique non géré avec succès. Il se manifeste principalement par trois dimensions : un épuisement physique et émotionnel, une distanciation mentale face au travail avec une dépersonnalisation, et un sentiment de non-accomplissement personnel. La reconnaissance de ces symptômes permet d’identifier un épuisement qui, s’il n’est pas pris en charge, peut conduire à des ruptures professionnelles ou à des arrêts prolongés, impactant la performance des entreprises et la santé publique.

La reconnaissance du burn-out comme une maladie professionnelle pourrait encourager les entreprises à renforcer leurs démarches préventives, tout en apportant une meilleure prise en charge aux salariés concernés.

Les symptômes du burn-out varient selon les individus, mais certains sont communs : sensation de vidé de son énergie, fatigue persistante, troubles du sommeil, douleurs chroniques, désengagement professionnel, troubles de concentration, comportements asociaux, et dévalorisation de soi-même. Parmi les facteurs de risque, on retrouve notamment la surcharge de travail, une organisation dégradée, le manque de soutien social, une faible autonomie, ou encore un sentiment d’iniquité au sein de l’entreprise. Ces risques, souvent cumulés, peuvent générer un stress intense, voire une violence externe dans certains secteurs professionnels.

La loi de mai 2024 affirme que le burn-out peut désormais être considéré comme un motif légitime pour un arrêt de travail, confortant la protection juridique des salariés. Cependant, la maladie n’est pas encore intégrée dans les tableaux de maladies professionnelles, ce qui limite sa reconnaissance automatique. La loi Rebsamen de 2015 permet néanmoins de faire reconnaître le burn-out en dehors de ces tableaux, sous réserve de prouver un lien direct avec l’activité professionnelle et un taux d’incapacité permanente supérieur à 25%.

Lorsqu’il est reconnu comme maladie professionnelle, le burn-out permet au salarié de bénéficier d’indemnités et de prises en charge complètes, facilitant ainsi sa réhabilitation et sa guérison. La reconnaissance officielle joue aujourd’hui un rôle crucial dans la prévention et la prise en charge du phénomène. Malgré les obstacles administratifs et la complexité du parcours, le nombre d’affections psychiques reconnues en maladie professionnelle a été multiplié par sept en cinq ans, reflet d’une meilleure compréhension et d’une reconnaissance accrue de la santé mentale au travail.

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