La jeune entreprise new-yorkaise CVector, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à l’industrie, a récemment levé 5 millions de dollars lors d’une ronde de financement d’amorçage. Fondée par Richard Zhang et Tyler Ruggles, la société a conçu un logiciel doté d’un « cerveau » et d’un « système nerveux » capable de transformer la fonctionnement des grands sites industriels, allant des usines de fabrication avancée aux producteurs de produits chimiques.
Après un premier succès lors de leur levée en juillet dernier, les deux fondateurs ont pu observer leur système en action auprès de clients réels, notamment des services publics et des acteurs de l’industrie lourde. Ces expériences concrètes leur ont permis de mieux comprendre les problématiques du secteur et de préciser comment leur logiciel peut générer des économies significatives, en aidant par exemple à optimiser la gestion des valves ou à surveiller la consommation d’énergie de l’ensemble de l’usine.
Ce qui frappe, c’est la capacité de cet IA à quantifier les économies réalisées grâce à des ajustements subtils, illustrée par l’exemple d’une simple valve qui peut faire toute la différence sur le bilan financier.
Pour soutenir leur croissance, CVector a récemment bouclé une levée de fonds de 5 millions de dollars, principalement menée par Powerhouse Ventures, avec la participation de fonds comme Fusion Fund, Myriad Venture Partners, ainsi que l’entité de capital-risque de Hitachi. Cette enveloppe financière permettra à l’entreprise d’approfondir ses déploiements et de renforcer son équipe, qui compte désormais 12 employés, avec notamment l’ouverture d’un premier bureau dans la district financier de Manhattan.
Parmi ses premiers clients, CVector compte ATEK Metal Technologies, une société spécialisée dans la transformation des métaux basée en Iowa, qui fabrique notamment des pièces en aluminium pour Harley-Davidson. La société utilise la plateforme pour anticiper les pannes, surveiller l’efficacité énergétique de ses installations et suivre l’évolution des prix des matières premières. Ce type de travaux vise à transformer des usines anciennes en leur apportant une couche d’optimisation basée sur l’IA, un enjeu vital pour la compétitivité de ces acteurs.
En plus de ses clients traditionnels, CVector collabore également avec des startups comme Ammobia, spécialisée dans la réduction des coûts liés à la fabrication de l’ammoniac. La similitude dans leurs besoins opérationnels illustre la versatilité de la technologie de CVector, capable de s’adapter à différents secteurs tout en conservant un focus sur la rentabilité. L’entreprise ambitionne aussi de s’imposer dans le secteur des services publics, où la gestion fine des flux et des coûts est cruciale pour faire face à la volatilité du marché.
Selon Zhang, la perception de l’IA dans l’industrie a beaucoup évolué en un an. Ce qui autrefois était considéré comme un sujet tabou est désormais au cœur des préoccupations des acteurs industriels, qui recherchent activement des solutions d’IA native, même si le retour sur investissement n’est pas toujours évident au premier abord. Tyler Ruggles insiste quant à lui sur une réalité simple : « Tout tourne autour de l’argent. » Dans un contexte mondial d’incertitude et de complexification des chaînes d’approvisionnement, la capacité à optimiser les coûts via l’IA constitue une véritable valeur ajoutée pour ces entreprises.
