L’administration Trump veut que les entreprises technologiques achètent pour 15 milliards de dollars de centrales électriques qu’elles pourraient ne pas utiliser

La nouvelle initiative de l’administration Trump vise à colossalement renforcer le réseau électrique régional en y ajoutant 15 milliards de dollars de nouvelles capacités de production d’énergie. Le gouvernement souhaite que les entreprises technologiques, même celles dont la demande énergétique n’est pas encore critique, participent à un processus d’appel d’offres pour sécuriser des contrats sur 15 ans. L’objectif est d’inciter ces géants du numérique à investir dans la construction de nouvelles centrales, afin de faire face à une croissance exponentielle de leur consommation d’énergie, notamment en raison du développement de l’intelligence artificielle.

Le gestionnaire du réseau PJM, qui couvre 13 états au Midwest et dans le Mid-Atlantic, est actuellement en train de revoir la déclaration de principes proposée par la Maison Blanche. Une décision sur l’ajout de nouvelles capacités est attendue prochainement, après plusieurs mois de planification. Cependant, cette initiative n’est pas contraignante, et en coulisses, PJM semble peu favorable à l’idée d’être contraint par la politique fédérale. Jeffrey Shields, porte-parole de PJM, a indiqué à Bloomberg qu’ils n’ont pas été invités à la réunion prévue sur ce sujet et qu’ils ne participeront pas à l’événement.

PJM, qui dessert plus de 65 millions d’habitants, fait face à une augmentation de la demande électrique alimentée notamment par la croissance rapide des centres de données et de l’IA, tout en étant confronté à une augmentation significative des coûts, notamment liés au prix du gaz naturel.

Les coûts de l’électricité ont augmenté d’environ 10 à 15 % en 2025 par rapport à l’année précédente, principalement en raison de la flambée des prix du gaz fossile. La dépendance de PJM aux combustibles fossiles rend la situation difficile, car la construction de nouvelles centrales à charbon ou à gaz, qui nécessitent plusieurs années et des investissements considérables, n’est pas une solution immédiate. Par ailleurs, si le boom de l’IA venait à ralentir, ces infrastructures pourraient devenir largement incomprisantes ou non rentables à long terme. En réponse à cela, plusieurs entreprises technologiques se tournent vers les énergies renouvelables, jugées plus abordables, modulaires et plus rapides à déployer, comme le solaire ou les batteries, qui peuvent être mises en service en moins de deux ans et en plusieurs phases.

Cette stratégie alignée sur les énergies renouvelables favorise une gestion plus flexible et moins risquée pour les entreprises, leur permettant de maîtriser leurs coûts et leurs délais. Toutefois, la volonté de l’administration Trump d’imposer ces contrats aux géants du numérique, qu’ils en aient besoin ou non, suscite une certaine résistance. La situation demeure tendue, entre la nécessité d’investir dans la croissance future et la prudence face à des investissements considérés comme risqués ou prématurés.

En somme, « la tension entre ambitions gouvernementales de développement énergétique et réalités économiques et techniques du secteur électrique laisse planer une incertitude quant à l’avenir du réseau électrique régional dans un contexte de croissance rapide de la demande, notamment dans le secteur technologique. »

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