La startup berlinoise Parloa, spécialisée dans l’intelligence artificielle pour le service client, a annoncé une levée de fonds de 350 millions de dollars en série D, valorisant l’entreprise à 3 milliards de dollars. Ce tour de financement, réalisé auprès d’investisseurs existants, intervient seulement huit mois après une précédente levée de 120 millions de dollars à une valorisation d’un milliard, témoignant d’une confiance remarquable dans le potentiel de la société.
Ce nouveau financement a été mené par General Catalyst, avec la participation de ses fidèles investisseurs, notamment EQT Ventures, Altimeter Capital, Durable Capital, et Mosaic Ventures. Parloa, fondée il y a six ans, s’inscrit dans un contexte où de nombreuses startups développent des agents IA visant à automatiser tout ou partie du support client, traditionnellement assuré par des représentants humains.
Parmi ses concurrents, on retrouve des acteurs comme Sierra, cofondée par le président d’OpenAI Bret Taylor, qui a récemment levé 350 millions de dollars à une valorisation de 10 milliards, ainsi que Decagon, en discussion pour un financement valorisant la société à plus de 4 milliards. D’autres entreprises historiques comme Intercom et Kore.ai, ou encore PolyAI, basé au Royaume-Uni, survolent également ce marché en pleine expansion, ce dernier ayant levé 86 millions de dollars la semaine dernière à une valorisation de 750 millions.
Malte Kosub, PDG et cofondateur de Parloa, ne semble pas inquiété par la compétition, puisqu’il considère que le marché ne sera pas une course aux gagnants uniques. “Il s’agit en réalité d’une des plus grandes opportunités jamais vues en logiciel”, a-t-il déclaré à TechCrunch.
Le marché visé est colossal : Gartner estime à 17 millions le nombre d’agents de centres d’appels à l’échelle mondiale, dont une part importante pourrait être automatisée via IA. La confiance de Kosub repose également sur l’ampleur du financement de Parloa, considéré comme un indice de la position de la startup pour devenir un leader du secteur. Il souligne notamment que, selon lui, « la diminution du nombre de concurrents est significative dans ce marché ».
En dépit d’un chiffre d’affaires récurrent annuel supérieur à 50 millions de dollars annoncé en octobre, Parloa reste encore à la traîne par rapport à Poly AI, qui vise un ARR de 40 millions de dollars pour 2025, ou Decagon, qui générerait « bien plus » que 30 millions de dollars. Cependant, Kosub est convaincu que cette solide base financière permettra à Parloa de devancer ses rivales, en investissant massivement dans le développement de nouvelles fonctionnalités et expériences IA plus sophistiquées.
Le but ultime de Parloa est de dépasser la simple automatisation des appels pour construire des agents IA pouvant reconnaître l’identité et les besoins spécifiques des clients, améliorant ainsi considérablement l’expérience utilisateur à travers divers canaux.
Les agents IA de Parloa sont déjà déployés auprès de grands groupes tels qu’Allianz, Booking.com, SAP, Swiss Life, et d’autres, en assurant la prise en charge des appels. La société prévoit d’utiliser une grande partie de ses fonds pour développer une expérience multi-modèle et contextuelle, permettant aux agents de s’adapter en temps réel à chaque interaction client, que ce soit via une application, un site web ou un téléphone. Avec cette stratégie, Parloa espère consolider sa place dans un marché en pleine croissance et transformer le support client automatisé.
