Gwénaël Frontin quitte Centre Inffo, probablement placée en redressement judiciaire mardi 13 janvier – Centre Inffo

Le 24 septembre dernier, Gwénaël Frontin a été nommé à la tête de Centre Inffo, une organisation historique dans le secteur de la formation professionnelle en France. Cependant, son mandat a été de très courte durée puisqu’il a annoncé son départ le vendredi 9 janvier, effectif depuis le dimanche 11 janvier. Dans un courriel adressé aux salariés, il explique ne plus pouvoir exercer ses fonctions en adéquation avec l’objectif qui lui avait été confié et évoque la nécessité de se retirer face à une situation devenue critique pour l’association.

La situation financière de Centre Inffo s’est gravement détériorée ces derniers mois. Le tribunal de commerce de Bobigny doit statuer mardi 13 janvier sur le placement de l’association en redressement judiciaire, une procédure qui pourrait conduire à la cessation des paiements dès le premier semestre 2026. Cette crise survient après plusieurs années marquées par un désengagement progressif de l’État, notamment depuis la décision du ministère du travail, annoncée le 6 juin 2025, de ne pas reconduire la subvention d’État en 2026. Ce retrait brutal, qui met en péril la survie même de l’organisme, s’inscrit dans un contexte où l’État, ayant piloté l’association depuis sa création en 1976, a exercé une tutelle étroite sur sa gestion.

Centre Inffo est confrontée à une crise profonde, menaçant sa survie à court terme, et son avenir demeure incertain face au désengagement étatique et à la mise en redressement judiciaire.

Depuis le 1er janvier 2026, l’association n’est plus considérée comme un opérateur de l’État, ayant été réorientée vers le statut d’entreprise privée suite à un décret de la Délégation générale à l’emploi. La direction, qui avait initialement affiché une volonté de transformation et de sauvetage de l’organisme, semble désormais limitée dans ses marges de manoeuvre, notamment sous la supervision de l’administratrice judiciaire nommée par la justice. Gwénaël Frontin, qui avait lancé une procédure de sauvegarde judiciaire en octobre, disait alors vouloir réinventer Centre Inffo et utiliser cette crise comme une opportunité de transformation, promettant la pérennité de l’organisme.

Mais ses déclarations ont évolué avec la situation. Dans son courriel de départ, Frontin indique que « le cadre de la procédure collective et l’administration judiciaire » lui ont imposé des limites qui l’empêchent désormais de mener à bien sa mission. Il semble reprocher à l’administratrice judiciaire, Catherine Poli, d’avoir entravé la réalisation de son projet de réorganisation. La réduction des marges de manoeuvre, inhérente à la supervision judiciaire, est perçue comme un facteur majeur de cette impasse par l’ancien dirigeant.

Les salariés et les représentants syndicaux dénoncent un dérèglement progressif de la gouvernance et un manque de vision claire pour assurer l’avenir de Centre Inffo, face à une crise devenue inéluctable.

La démission de Gwénaël Frontin intervient dans un contexte de crise sociale et institutionnelle, caractérisé par la dégradation des relations avec les salariés, qui ont maintenu l’activité malgré une trésorerie en déclin et des ressources limitées. Les responsables syndicaux, notamment la CGT et l’Unsa, ont exprimé leur inquiétude quant à l’avenir de l’association, appelant à un plan de sauvegarde de l’emploi financé par l’État et à des mesures concrètes pour respecter les droits acquis des salariés. La présidente du conseil d’administration, Anne de Blignières-Légeraud, assure cependant que l’association « existera toujours en 2026 » et qu’elle travaille à une restructuration visant à transformer Centre Inffo en un organisme de formation 100% marchand, en capitalisant sur son expertise juridique historique.

Enfin, la décision du tribunal de commerce, attendue le 13 janvier, pourrait marquer un tournant décisif pour l’avenir de l’organisme. La récente celle-ci pourrait faire l’objet d’un appel ou d’une cession partielle d’activités à des repreneurs, pour tenter de préserver ce qui reste du patrimoine et de l’expertise de Centre Inffo. En parallèle, le désormais ex-directeur général Gwénaël Frontin devrait s’engager dans sa campagne politique aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, en tant que tête de liste pour le parti Place publique.

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