“Profiteurs”, “fainéants”… Les Français ont des clichés sur les chômeurs (mais certains changent d’avis quand ils apprennent le montant de l’allocation chômage)

Selon le baromètre annuel de l’Unedic publié ce mardi 9 décembre, l’opinion publique à l’égard des demandeurs d’emploi s’est durcie, avec une augmentation notable des critiques et des suspicions à leur encontre. En effet, 41% des Français déclarent subir des reproches quotidiens, tels que la méfiance ou la suspicion de fainéantise, contre 33% l’année précédente. De plus, 64% ressentent que leur recherche d’emploi est souvent remise en question, ce qui souligne une perception négative toujours plus forte face au public en situation de chômage.

En dépit de cette méfiance, une majorité de Français perçoit toujours le chômage comme une situation subie, pouvant toucher tout un chacun un jour. Selon le baromètre, 74% considèrent que le chômage est une situation que tout le monde peut expérimenter, et 96% pensent qu’il s’agit d’un état lié à une perte de revenus. Lorsqu’on leur demande les mots qui leur viennent à l’esprit en pensant aux chômeurs, une minorité évoque des termes péjoratifs tels que “profiteurs” ou “fainéants”, indiquant une perception encore marquée par des stéréotypes.

Cependant, une majorité de Français pense que “les chômeurs ne font pas de concession dans leur recherche d’emploi”, alors que les demandeurs eux-mêmes sont prêts à accepter des conditions plus flexibles, telles que le travail à temps partiel, des rythmes irréguliers ou même la reconversion géographique.

Les demandeurs d’emploi, quant à eux, se montrent souvent disposés à accepter une rémunération inférieure, augmenter leur temps de trajet ou déménager afin de retrouver un emploi. Par exemple, 68% seraient prêts à accepter un emploi à temps partiel, et 41% seraient même prêts à déménager pour un poste. Ces chiffres contrastent avec la perception d’un blocage chez certains Français, qui estime que les chômeurs ne seraient pas assez enclins à faire des concessions.

Le baromètre révèle aussi que les Français ont une mauvaise perception de la réalité du chômage en France. Ils surestiment notamment le taux de chômage, qu’ils évaluent à 15%, alors qu’il n’est que de 7,5% en septembre 2025. Par ailleurs, ils sous-estiment fortement la part des demandeurs d’emploi percevant une allocation, avec seulement 42% qui savent que la majorité des inscrits à France Travail ne la perçoivent pas. De plus, beaucoup ignorent que plus de la moitié des allocataires travaillent en contrats courts ou en activité partielle, ce qui relativise leur image de détachement ou de fainéantise.

Sur le sujet des allocations, les Français ont une perception erronée quant au montant moyen perçu par les chômeurs, évalué à 1 042 euros. Un tiers d’entre eux la sous-estiment, un autre la surestiment, certains croyant même que plus de 20% des demandeurs touchent plus de 2000 euros par mois alors que ce chiffre ne concerne que 6%. Toutefois, lorsqu’on leur donne des chiffres précis, une partie d’entre eux ajuste son jugement : ils sont 36% à penser que “le montant des allocations est trop élevé”, mais cette proportion chute à 29% après information. La méconnaissance, alimentant parfois des clichés négatifs, semble ainsi pouvoir être corrigée par une meilleure communication.

Malgré ces idées reçues, l’attachement à l’assurance chômage demeure majoritaire, avec 56% des Français qui y restent favorables. Toutefois, ce soutien a diminué de 4 points en un an, notamment chez les populations moins concernées par le chômage, comme les salariés aux revenus élevés ou les jeunes demandeurs depuis peu. À l’inverse, l’attachement se renforce chez ceux qui en ont le plus besoin, illustrant une évolution favorable pour le système de protection sociale en France. Ces résultats montrent que l’information et la compréhension des réalités du chômage peuvent influencer positivement l’opinion publique, en diminuant la stigmatisation et en renforçant le soutien à l’indemnisation.

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