Depuis le 2 mai 2024, la réglementation relative au compte personnel de formation (CPF) prévoit une participation financière obligatoire pour les titulaires qui souhaitent financer une formation via leur compte. En 2026, ce montant s’élèvera à 103,20 euros, conformément à l’arrêté publié au Journal Officiel. La revalorisation de cette somme, initialement de 102,23 euros en 2025, est encadrée par l’article R6323 du Code du travail, qui ajuste cette contribution en fonction de l’évolution des prix à la consommation chaque année.
Ce seuil s’applique à la majorité des salariés souhaitant mobiliser leur CPF, à l’exception de certains profils tels que les demandeurs d’emploi, les salariés bénéficiant d’un abondement complémentaire de leur employeur, ou ceux mobilisant leur compte professionnel de prévention ou en cas d’incapacité permanente d’au moins 10 % suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle. Ces dérogations visent à faciliter l’accès à la formation pour les publics les plus vulnérables ou en situation particulière.
La montée en puissance du cofinancement et des dispositifs d’abondement témoigne d’une volonté de rendre la formation plus accessible, tout en soulignant la nécessité de développer ces pratiques à l’échelle des entreprises.
Par ailleurs, la loi de finances pour 2025, publiée en février dernier, prévoit des mesures en faveur du financement du CPF, notamment le développement du cofinancement via des conventions signées par la Caisse des Dépôts. En 2023, cette institution a ainsi signé huit nouveaux accords avec différents partenaires pour augmenter les sources de financement du CPF, illustrant une volonté de renforcer la portabilité et la complémentarité des dispositifs de financement.
Selon le bilan publié par Centre Inffo et Inffo formation, la pratique du cofinancement par les employeurs reste encore sous-utilisée, malgré son potentiel. La complexité administrative et le manque d’incitations concrètes freinent son déploiement. Pourtant, cette approche pourrait représenter une clé essentielle pour augmenter la liberté de choix des salariés et favoriser une meilleure co-construction des parcours de formation.
En résumé, si la revalorisation du ticket modérateur fait partie des ajustements nécessaires pour suivre l’inflation, c’est surtout le développement de stratégies de cofinancement et d’abondements volontaires qui pourrait transformer le financement du CPF dans les années à venir.
