Une nouvelle polémique vient d’émerger du monde numérique, révélant à quel point la grande majorité des internautes semblent encore dépourvus de toute perspective critique face à l’utilisation de l’intelligence artificielle. En effet, le trailer du film Jana Nayagan, attendu en Inde le 9 janvier et dernier film de la superstar tamoule Vijay avant ses engagements politiques, a provoqué une vague de réactions amusées et déconcertantes. La cause ? un détail apparemment insignifiant : à 23 secondes après le début de la vidéo, un logo de Google Gemini, cette étoile à quatre branches représentant l’outil d’IA, est visible brièvement dans une scène où un personnage arme un fusil à pompe. Une erreur qui a déclenché une tempête sur Twitter, où certains internautes se sont indignés de la présence de cette marque numérique dans une œuvre cinématographique.
Ce n’est pas la première fois que la popularisation de l’IA provoque des remous, mais celui-ci atteint un degré d’absurdité inégalé. Dès que la moindre trace d’un outil numérique ou d’un watermark apparaît dans une œuvre audiovisuelle, c’est la panique sur la toile. Certains s’insurgent contre l’”utilisation de l’IA dans l’art” en prétendant que cela “dénature” le cinéma, oubliant peut-être que depuis des décennies, effets spéciaux numériques, fonds verts et retouches en post-production faisaient déjà partie intégrante du processus créatif. La surprise ? Ici, l’utilisation d’un outil d’intelligence artificielle semble générer un choc moral, comme si cette technologie était intrinsèquement incompatible avec le monde du cinéma ou de l’art.
L’étrange fascination pour une simple erreur de watermark, qui semble plus relever d’un choc culturel que d’un véritable problème technique, illustre à quel point notre société peut être facilement séduite par des polémiques artificielles autour de l’IA.
Fait intéressant, l’équipe de production aurait rapidement réagi : en vérifiant le trailer le lendemain matin, le logo de Google Gemini avait disparu, remplacé par une image vierge. Pourtant, la version diffusée en ligne sur YouTube reste inchangée, ce qui laisse penser que l’erreur n’a pas été corrigée immédiatement ou qu’elle a été laissée volontairement pour alimenter la controverse. Une théorie personnelle proposée par certains observateurs est que cette histoire pourrait être une opération de stratégie marketing ou tout simplement une erreur de stagiaire, mais dans tous les cas, le buzz est consommé. La réaction des internautes, qui ont capturé cette scène, a permis à une petite erreur de faire parler du film bien au-delà de l’individuel pour toucher le grand public, notamment dans les médias technologiques et de divertissement.
En fin de compte, cette histoire souligne l’absurdité de la politisation de l’IA dans l’industrie du divertissement. Alors que, dans le même temps, Hollywood et d’autres industries du cinéma ne comptent plus les effets spéciaux, retouches ou autres manipulations numériques depuis des décennies, il est comique de voir que cette nouvelle tech, si présente dans la production, suscite une telle levée de boucliers pour une « mégalentille ». La preuve que, parfois, une erreur insignifiante peut avoir un impact disproportionné quand elle est métaphorisée à un enjeu plus large, la peur ou la méfiance envers l’intelligence artificielle.
L’épisode du logo oublié dans le trailer illustre combien nos sociétés sont encore largement incapables d’aborder sereinement l’utilisation de l’IA, entre ignorance et méfiance irrationnelle.
En conclusion, cette polémique, aussi ridicule soit-elle, prouve que nous sommes encore loin d’une compréhension claire de ce que l’IA peut ou doit faire dans l’art et la création. Tandis que certains y voient une menace ou une tricherie, d’autres considèrent qu’elle n’est qu’un outil parmi d’autres dans la longue histoire de l’innovation technologique. La véritable question n’est pas tant de savoir si l’IA doit ou non être utilisée, mais pourquoi, finalement, son simple usage continue à provoquer autant de réactions extrêmes. Peut-être que l’on réalise simplement, chaque jour un peu plus, que l’essentiel ne réside pas dans la machine, mais dans la façon dont on apprend à cohabiter avec elle.
