Mark Zuckerberg frappe à nouveau un grand coup. Meta Platforms a annoncé l’acquisition de Manus, une startup d’intelligence artificielle basée à Singapour qui a rapidement fait sensation dans la Silicon Valley cette année. La société s’est fait connaître grâce à une vidéo de démonstration virale, montrant un agent d’IA capable de trier des candidats à l’embauche, planifier des vacances ou analyser des portfolios boursiers. Manus a affirmé à l’époque dépasser les performances de Deep Research d’OpenAI, suscitant un engouement considérable.
En seulement quelques semaines après sa création au printemps, la startup a levé 75 millions de dollars lors d’un tour de financement mené par Benchmark, valorisant l’entreprise à 500 millions de dollars en post-money. Parmi les investisseurs figurent des poids lourds comme Tencent, ZhenFund et HSG (ex-Sequoia China), qui avaient déjà investi lors d’un premier tour de 10 millions de dollars. Malgré des questions soulevées par Bloomberg sur la tarification, Manus a réussi à attirer des millions d’utilisateurs et a franchi le cap des 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents.
La récente acquisition de Manus par Meta, évaluée à 2 milliards de dollars, marque une étape stratégique dans la monétisation de l’IA par le géant américain.
Selon le Wall Street Journal, Meta a négocié pour acquérir Manus à hauteur de 2 milliards de dollars, un montant équivalent à la valorisation recherchée par la startup pour sa prochaine levée de fonds. Facebook, Instagram et WhatsApp intégreront progressivement les agents d’IA de Manus, tout en laissant la société continuer à fonctionner de manière indépendante. Déjà présente dans ces plateformes via Meta AI, cette intégration s’inscrit dans la volonté de Meta de renforcer sa position dans le domaine de l’intelligence artificielle à un moment crucial où ses investissements d’environ 60 milliards de dollars suscitent des inquiétudes parmi les investisseurs.
Un élément qui pourrait compliquer cette opération est le contexte géopolitique. Manus, fondée par des Chinois et issue de Butterfly Effect, une société lancée à Beijing en 2022 avant de déménager à Singapour en 2023, pourrait soulever des questions en matière de sécurité nationale, notamment aux États-Unis. Des critiques comme le sénateur républicain John Cornyn ont déjà exprimé leur inquiétude sur le fait que des investissements américains dans des technologies issues de la Chine pourraient être exploités à des fins stratégiques défavorables. Meta a rapidement clarifié que Manus « ne conservera plus aucun lien avec des investisseurs chinois » et « cesserait ses opérations en Chine » après la transaction.
La décision de Meta de dissocier Manus de ses liens avec la Chine intervient dans un contexte de tensions croissantes sur la compétition technologique et géopolitique.
Loizos, une journaliste avec une longue expérience dans la Silicon Valley, souligne que cette opération s’inscrit dans la stratégie de Meta de se positionner comme un leader mondial de l’IA, tout en naviguant prudemment dans un environnement politique complexe. Si les enjeux sécuritaires et géopolitiques restent présents, sortir Manus de l’ombre chinoise pourrait aussi rassurer les investisseurs et partenaires occidentaux sur la nature indépendante de cette nouvelle branche de Meta. La société semble donc vouloir miser sur l’intelligence artificielle pour rester compétitive face à des géants comme OpenAI et Google, tout en évitant les controverses liées à ses origines.“
