L’année 2025 s’inscrit comme une année phare dans le paysage social et du travail en France. Plusieurs mesures clés sont entrées en vigueur, touchant à l’indemnisation du chômage, à l’apprentissage, au partage de la valeur et à la retraite progressive. Ces réformes, souvent issues de négociations avec les partenaires sociaux ou de nouvelles lois, visent à moderniser le marché du travail et à répondre aux défis démographiques et économiques du pays. Cependant, cette année a également été marquée par le rejet du budget 2026, ce qui a entraîné la suspension de nombreux projets de réforme, notamment la réforme des retraites. Retour sur les points essentiels à retenir dans notre bilan social 2025.
Parmi les premières mesures, la revalorisation du SMIC brut mensuel s’établit à 1 801,80 euros, tandis que les pensions de retraite de base ont connu une hausse de 2,2%. Le plafond de sécurité sociale a été fixé à 3 925 euros par mois, soit une augmentation de 1,6%, et le plafond d’exonération des titres-restaurant passe à 7,26 euros, contre 7,18 euros en 2024. La contribution patronale à l’assurance chômage a été ramenée à 4 %, ce qui pourrait influencer la gestion des embauches et des licenciements. À cela s’ajoutent diverses mesures telles que l’introduction d’un nouveau mode de mensualisation de l’allocation chômage ou encore l’allongement de la durée d’indemnisation en cas de formation pour les seniors, visant à encourager leur insertion ou réinsertion professionnelle.
“Malgré le contexte de suspension des réformes majeures, 2025 reste une année riche en changements structurants pour le droit social.”
Les mécanismes d’indemnisation du chômage ont eux aussi connu des ajustements significatifs. La nouvelle convention d’assurance chômage, signée en novembre 2024 et applicable depuis avril 2025, prévoit notamment une augmentation des seuils d’âge permettant une indemnisation plus longue, une mensualisation systématique du versement ou encore l’allongement de la période d’indemnisation en formation pour les plus de 55 ans. Les règles concernant la rupture d’un emploi repris après quatre mois de travail ont été assouplies, permettant une reprise possible sans que cela soit considéré comme un nouveau chômage. Autre point d’importance : l’attribution automatique de l’allocation de fin de droits, une simplification facilitant l’accompagnement des demandeurs d’emploi en fin de droits.
En matière de partage de la valeur dans les entreprises, un dispositif expérimental a été lancé pour les structures de 11 à 49 salariés. Depuis janvier 2025 et pour cinq années, ces entreprises dont les bénéfices dépasseront 1% du chiffre d’affaires seront tenues de redistribuer une partie de leurs profits via différents mécanismes, comme la participation ou l’intéressement. La fiscalité associée à cette prime de partage de la valeur a également été reforgée, avec des exonérations ou réductions d’impôt selon la rémunération et la taille de l’entreprise. La loi sur l’apprentissage a aussi évolué : des aides financières spécifiques ont été introduites pour les embauches en contrats d’apprentissage, variant selon la date de signature et la taille de l’entreprise.
Enfin, plusieurs lois et mesures emblématiques ont marqué cette année 2025. La suspension temporaire de la réforme des retraites jusqu’en 2028, la mise en place d’un dispositif pour promouvoir l’emploi des seniors avec le CDI senior, ou encore la création d’un délit d’homicide routier spécifique aux comportements dangereux, illustrent l’ambition du gouvernement en matière de sécurité et de gestion des ressources humaines. La lutte contre la fraude sociale, avec l’extension des contrôles et la mise en place d’une liste noire pour les employeurs délinquants, confirme la volonté de renforcer la conformité des entreprises. Cependant, le rejet du budget 2026 par l’Assemblée nationale le 8 septembre dernier a conduit à une suspension de plusieurs projets clés, soulignant la complexité du contexte politique actuel.
