À l’aube de 2026, le marché de l’emploi en France connaît une évolution majeure grâce à l’entrée en vigueur de la loi Seniors et du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS). Ces textes ont pour objectif de rattraper le retard français en matière d’activité des plus de soixante ans, tout en modernisant la gestion des fins de carrière. Les entreprises, en particulier celles de grande taille, doivent désormais se conformer à de nouvelles obligations visant à valoriser l’expérience et à sécuriser l’emploi des seniors.
La loi Seniors introduit notamment un nouveau type de contrat, le CDI de valorisation de l’expérience, conçu pour faciliter le recrutement des seniors tout en leur assurant une sécurité en fin de carrière. Ce dispositif expérimental, en vigueur jusqu’en 2030, prévoit une rupture automatique à l’âge du taux plein avec indemnité garantie, encourageant ainsi une transition en douceur vers la retraite. Par ailleurs, les entreprises de plus de 300 salariés sont désormais tenues de négocier régulièrement sur l’emploi, le maintien dans l’emploi et la transmission des savoirs afin d’adapter leurs stratégies RH aux enjeux démographiques actuels.
“Les métiers agricoles et de la formation restent parmi les secteurs les plus dynamiques pour l’emploi des seniors en 2026, reflet d’une tendance durable vers plus d’expérience sur le terrain.”
Les modalités d’entretien professionnel évoluent également, avec la mise en place d’entretiens de parcours professionnel obligatoires deux ans avant l’âge de la retraite. Ces rendez-vous doivent dresser un état des lieux sur l’adaptation du poste et les aménagements possibles en fin de carrière. En cas de non-respect de cette obligation, des sanctions financières, telles que l’abondement du Compte Personnel de Formation (CPF), peuvent être appliquées. Par ailleurs, la retraite progressive, accessible dès 60 ans, offre désormais une alternative pour réduire le temps de travail tout en continuant à cotiser, rendant ce dispositif un outil précieux pour la gestion des fins de carrière.
Selon la Dares, près d’un actif sur cinq ayant plus de 55 ans participera à ces changements en 2026, notamment dans les secteurs où l’expérience constitue un réel atout. Le secteur agricole, y compris maraîchers, jardiniers et viticulteurs, figure en tête des recrutements seniors, car ces professions valorisent autonomie et expérience. La formation, le conseil et le coaching attirent aussi massivement les profils expérimentés, tout comme les métiers d’aide à domicile ou d’auxiliaires de vie, où la maturité rassure tant les employeurs que les bénéficiaires. Les métiers liés à la maintenance, à l’entretien, ainsi qu’à l’hôtellerie-restauration poursuivent également cette dynamique de recrutement des seniors, privilégiant les compétences pratiques et managériales.
En résumé, 2026 s’annonce comme une année charnière pour l’intégration durable des seniors dans le monde du travail, où l’expérience devient un véritable levier de compétitivité et d’attractivité pour de nombreux secteurs. La capacité des entreprises à adapter leurs stratégies RH sera déterminante pour répondre aux enjeux démographiques et économiques à venir.
