“Si vous avez des tripes, montrez-les”: l’éclat de colère du maire d’Orléans et la détresse des salariés de Brandt après l’annonce de la liquidation décidée pour quelques millions manquants

La liquidation judiciaire de Brandt, dernier grand fabricant français de gros électroménager en coopérative, a été prononcée ce jeudi 11 décembre, marquant la fin d’une époque pour l’industrie nationale. Malgré une offre de reprise en coopérative soutenue par l’État et un mouvement de mobilisation des acteurs publics, le tribunal de commerce de Nanterre n’a pas été convaincu, condamnant ainsi 700 salariés à la perte de leur emploi. La décision suscite une vive émotion, tant chez les employés que chez les représentants locaux, qui dénoncent un gâchis industriel majeur.

Serge Grouard, maire divers droite d’Orléans, n’a pas masqué son indignation. Sur BFMTV, il a exprimé son écœurement et sa colère, soulignant que “c’était une entreprise viable” à laquelle l’État et la métropole avaient injecté des sommes importantes pour sa sauvegarde. Il regrette le manque de temps pour finaliser un plan de relance, évoquant que la procédure de redressement judiciaire n’a laissé que quelques jours pour convaincre banques et investisseurs : “On a perdu deux mois, c’est aberrant, absurde et scandaleux.” Selon lui, cette situation est le résultat d’un système économique qui fragilise l’industrie française depuis des années.

“C’est une tragédie, je suis écoeuré, en colère, le gâchis est immense.”

Les réactions syndicales décrivent une profonde tristesse et un sentiment d’injustice. Jorge Carranho, délégué syndical CFE-CGC, rappelle l’histoire familiale liée à l’usine et déplore la disparition du savoir-faire français. Les salariés, environ 700 en France, seront licenciés juste après Noël. La fin de la production de gros électroménager en France soulève une inquiétude profonde pour le tissu industriel et la pérennité des métiers liés à cette industrie, déjà fortement réduite au fil des décennies.

Une offre de reprise en Scop, présentée par le groupe Revive, aurait pu sauver au moins 300 emplois. Malgré un soutien financier conséquent (entre 20 et 25 millions d’euros, dont 5 millions apportés par l’État), les fonds manquaient de quelques millions pour concrétiser le projet, ce qui a été considéré comme un obstacle insurmontable. Les responsables publics déplorent également le manque de solidarité des autres acteurs économiques, dénonçant qu’« il nous manquait quatre millions » pour éviter une telle catastrophe.

Les ministres de l’Économie et de l’Industrie ont publié un communiqué commun accusant l’absence de volonté collective pour sauver Brandt : « Malgré la mobilisation de l’État, les autres acteurs indispensables n’ont pas souhaité se positionner pour sauver la marque. » En outre, le président de la métropole d’Orléans déplore l’insuffisance de soutien bancaire pour compléter le financement nécessaire. La fermeture de Brandt représente non seulement la fin d’une entreprise emblématique, mais aussi une lourde perte pour l’économie locale et pour le savoir-faire français du grand électroménager.

Enfin, cette décision intervient dans un contexte plus large de déclin industriel national. La part de l’industrie dans le PIB français est passée de plus de 20 % il y a un quart de siècle à environ 9 % aujourd’hui, et continue de diminuer. Les acteurs locaux et nationaux dénoncent un système qui, selon eux, favorise la concurrence étrangère au détriment des entreprises françaises, face à des coûts de production et du travail de plus en plus élevés dans l’Hexagone. La disparition de Brandt symbolise un avenir incertain pour la filière, les familles, et tout un pan de l’industrie tricolore, dans un contexte de cris d’alarme sur la nécessité de réindustrialisation du pays.

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