La Génération Z, jeunes actifs nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, fait face à un marché du travail de plus en plus difficile d’accès. Contrairement aux générations précédentes, cette nouvelle vague d’employés doit naviguer dans un environnement marqué par une transformation rapide des métiers, une incertitude économique persistante et une automatisation croissante des tâches. Ces dynamiques ont pour conséquence une raréfaction notable des postes d’entrée, appelés communément « postes juniors », ce qui complique leur entrée dans la vie professionnelle.
Selon une étude récente du groupe Randstad, le nombre d’offres d’emploi requérant moins de deux ans d’expérience a chuté de 29 points depuis janvier 2024. Ce déclin touche tous secteurs confondus, avec une diminution encore plus marquée dans la tech et la finance, où les postes pour juniors ont reculé respectivement de 35 et 24 points. Face à cette tendance, la compétition s’amplifie pour les jeunes diplômés qui peinent à répondre à des attentes parfois démesurées, souvent éloignées de leur niveau réel d’expérience. En France, 38 % des jeunes actifs occupent un poste qui ne correspond pas à leurs aspirations professionnelles, une situation renforcée par les contraintes financières qui les poussent à faire des compromis.
« Pour les employeurs, il est impératif d’opérer un virage stratégique. Il faut repenser les débuts de carrière, bâtir la confiance et créer des parcours professionnels inspirants et stimulants pour transformer cette envie de progression en loyauté durable. » — Benoit Labrousse, Président du groupe Randstad France
De plus, cette année, l’étude révèle qu’une majorité de jeunes (56 %) accepteraient un emploi en décalage avec leurs valeurs personnelles si la rémunération était jugée suffisante, un chiffre bien supérieur à celui des Baby-boomers (38 %). Cette logique de compromis s’accompagne également d’un déficit de confiance, puisque 44 % des jeunes en France pensent ne pas avoir la confiance nécessaire pour entamer une recherche d’emploi. Ce sentiment fragilise leur capacité à se projeter dans leur avenir professionnel, alimentant l’idée que le marché du travail leur est peu accessible dès leurs premiers pas.
La mobilité élevée de la Génération Z n’est pas simplement une question d’engagement ou de désintérêt, mais reflète souvent un besoin d’évolution rapide et de visibilité. La durée moyenne en poste lors des cinq premières années de carrière est de seulement 1,1 an, contre 1,8 an pour les Millennials et près de 3 ans pour les générations plus anciennes. Pour 19 % de ces jeunes, le manque d’évolution constitue la principale motivation pour changer d’emploi. Par ailleurs, plus de la moitié d’entre eux (52 %) recherchent activement un nouvel emploi, sachant que seuls 29 % envisagent de rester dans leur poste actuel dans l’année à venir.
