Transparence salariale 2026 : les entreprises sont-elles prêtes ?

La mise en conformité à la directive européenne sur la transparence salariale approche à grands pas, avec une échéance fixée au 7 juin 2026. Selon un récent sondage de How Much, la majorité des entreprises françaises sont fortement en retard dans leur préparation. Plus de 90 % d’entre elles ne disposeront pas d’un dispositif complet et conforme d’ici cette date, ce qui soulève d’importantes préoccupations quant à leur capacité à respecter la législation dans le délai imparti.

Le bilan RH 2025, publié en partenariat avec Eurécia, met en lumière le retard conséquent des PME et TPE, qui constituent la majorité des structures en France. Seulement 6,2 % des entreprises ont mis en place un projet formalisé, avec gouvernance, planning et budget. Près de 67 % des TPE et 58 % des PME n’ont encore engagé aucune action concrète, révélant un manque d’initiatives structurées pour se conformer à cette nouvelle obligation. En revanche, les grandes entreprises se montrent plus avancées, avec 49 % disposant d’un projet structuré, mais cela reste insuffisant pour plus d’un million de salariés encore dépourvus d’un plan d’action clair.

La transparence salariale de 2026 s’annonce comme un tournant majeur, révélateur de fortes inégalités de préparation entre entreprises françaises.

Les efforts de diagnostic et de nettoyage des données de rémunération restent faibles, engagés seulement dans 16 % des TPE et 17 % des PME. Même dans les ETI, ces actions plafonnent à 22 %, laissant entrevoir un processus encore largement inachevé. Concernant la mise en place de grilles salariales, un tiers des TPE n’a aucune population couverte, tandis que presque 70 % des grandes entreprises ont formalisé des grilles pour la majorité de leurs salariés. Une véritable hétérogénéité dans la préparation se manifeste donc selon la taille des structures.

Toutes les entreprises françaises sont concernées par cette directive, peu importe leur taille ou leur secteur, avec une date butoir fixée au 7 juin 2026 pour la transposition en droit national. Avec seulement six mois restantes, le délai est très court, d’autant qu’un projet sérieux de transparence salariale nécessite généralement une année complète de préparation. La nécessité d’accélérer les démarches devient ainsi impérative, sans quoi le risque de non-conformité et de sanctions légales pourrait s’accroître.

Selon les projections, seules 35 % des TPE pensent pouvoir être prêtes en moins de 12 mois, alors que près de la moitié de ces structures anticipe un délai supérieur à un an pour se conformer. Les PME, quant à elles, envisagent généralement un calendrier encore plus long, avec une majorité nécessitant plus d’un an pour réaliser les ajustements requis. À l’inverse, les ETI et grandes entreprises, mieux équipées notamment en termes d’équipes RH et systèmes d’information, envisagent une mise en conformité plus rapide, souvent en moins de 12 mois. Néanmoins, certains sujets, comme l’affichage des fourchettes de salaire dans les offres d’emploi ou le reporting sur les écarts femmes-hommes, progressent de façon inégale, exposant des risques juridiques importants. Un constat alarmant : à peine 8 % des TPE et 9 % des PME se disent pleinement conformes à l’échéance, alors que 63 % et 66 %, respectivement, anticipent une non-conformité partielle ou totale.

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