La fonction Ressources Humaines traverse une période de tension extrême en 2025, selon le baromètre « Professionnels RH : comment allez-vous ? » réalisé par Gereso. Avec 93 % des professionnels déclarant ressentir du stress au travail, la réalité de leur quotidien devient alarmante. Plus de la moitié de ces répondants (55 %) évoquent un stress très élevé, signe d’une tension persistante et préoccupante pour la santé mentale des équipes. La surcharge de travail, en constante augmentation, contribue fortement à cette détérioration, avec six RH sur dix affirmant avoir travaillé plus ou beaucoup plus qu’en 2024. Pour 63 %, cette charge excessive représente déjà leur principale inquiétude pour l’année suivante.
Ce contexte difficile commence à affecter le moral des personnes en charge des ressources humaines, la note moyenne attribuée à 2025 étant seulement de 5,6 sur 10. Le terme “démotivante” est cité par 44 % des professionnels, soulignant une perte progressive du sens de leur mission. La reconnaissance apparaît comme le levier clé pour renforcer leur engagement, mais 55 % déclarent n’avoir reçu aucune marque concrète de reconnaissance en 2025. Ce décalage alimente frustrations et sentiments d’invisibilité, accentuant le malaise général. Par ailleurs, la question de la rémunération devient une source croissante d’insatisfaction, près d’un RH sur deux jugeant leur rémunération insuffisante. Une tendance qui devrait s’accentuer à l’approche de 2026, avec 47 % des professionnels la considérant comme une priorité.
Les RH supportent des tensions accrues, tout en portant la responsabilité du bien-être des autres, souvent au détriment du leur.
Les défis auxquels font face les professionnels des RH ne se limitent pas à la surcharge de travail et au moral. L’analyse des données révèle des fractures générationnelles claires. Les moins de 30 ans, plus à l’aise avec l’intelligence artificielle, expriment néanmoins une attente plus forte en reconnaissance et en rémunération. En revanche, ceux de plus de 50 ans affichent un moral plus stable, mais supportent mal l’augmentation de leur charge de travail et restent plus sceptiques face à l’IA. Sur le plan opérationnel, l’utilisation de l’intelligence artificielle (69 % des RH l’utilisent pour automatiser des tâches répétitives) reste limitée lorsqu’il s’agit d’aide à la décision stratégique, utilisée par seulement 20 %.
Autre point critique : l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, qui se détériore pour 38 % des répondants, notamment suite à la réduction du télétravail qui concerne 35 % des professionnels. Pour ceux qui en bénéficient, leur nombre de jours a parfois diminué, intensifiant ces tensions. Malgré ces difficultés, la confiance dans l’avenir de la fonction RH demeure présente, avec une note de 6,4 sur 10, même si 14 % des professionnels ne voient aucune raison d’être optimistes pour 2026. Pour éviter une crise profonde, la voie passe par des décisions claires axées sur la reconnaissance, des moyens adaptés et des conditions de travail soutenables. Faute de réponse rapide, la fonction RH risque de payer un lourd tribut à cette surchauffe.
En conclusion, si la pression continue de s’accumuler, le risque d’un point de rupture en 2026 devient tangible. La clé réside dans la capacité des entreprises à revoir leur approche, à reconnaître davantage leurs équipes et à instaurer un environnement de travail équilibré. Sans ces changements, la fonction RH pourrait bien entrer dans une crise durable, affectant l’ensemble de la stratégie organisationnelle.
