Selon une étude récente de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), une majorité de cadres privilégient leur attachement à leur région d’origine lorsqu’il s’agit d’envisager une mobilité professionnelle. Cette étude, publiée le 22 janvier, met en lumière une différence notable entre les cadres travaillant en Île-de-France et ceux exerçant dans d’autres régions françaises. Ainsi, si 78% des cadres hors Île-de-France déclarent être très ou plutôt attachés à leur région, ce taux chute à seulement 49% chez ceux en Île-de-France, illustrant un véritable déclin de l’attachement régional dans cette région capitale.
Les cadres en Île-de-France, souvent perçus comme une étape dans leur parcours, se montrent bien plus ouverts à la mobilité interrégionale, notamment en raison de leur jeunesse ou de leur non-origines régionales.
Les données révèlent également que cette majorité est prête à faire des concessions pour rester dans leur région : 81% d’entre eux seraient disposés à changer de secteur d’activité, contre 70% en Île-de-France. Par ailleurs, 58% accepteraient un poste avec moins de responsabilités (47% pour les cadres franciliens) et 29% seraient prêts à réduire leur salaire d’environ 10% (contre 17% en Île-de-France). Ces chiffres traduisent une forte volonté de stabilité géographique de la part des cadres hors Île-de-France, favorisant la fidélisation malgré un marché du travail parfois limité dans certaines régions.
En contraste, les jeunes cadres franciliens se montrent beaucoup plus enclins à envisager un déménagement. Plus de la moitié (56%) envisageraient de chercher un emploi en dehors de leur région, voire 62% pour les moins de 35 ans. De leur côté, seulement 40% des cadres des autres régions envisageraient une telle mobilité, avec 43% pour cette tranche d’âge, témoignant d’une tendance à considérer la région comme un tremplin pour leur carrière plutôt qu’une étape définitive.
La perception de l’Île-de-France comme un lieu de passage plutôt qu’une destination à long terme explique en partie cette différence d’attachement et d’ouverture à la mobilité chez ses cadres.
Les résultats de cette étude, menée en septembre-octobre 2024 auprès d’un échantillon représentatif de 8 500 cadres du secteur privé dans toutes les régions métropolitaines, illustrent la complexité des dynamiques professionnelles en France. La volonté des cadres à rester dans leur région ou à changer de région dépend largement de leur âge, de leur origine et de leur parcours, ce qui doit être pris en compte dans la conception des politiques d’emploi régionales.
